NOUVELLES
09/11/2015 08:33 EST | Actualisé 09/11/2016 00:12 EST

L'Agence mondiale antidopage accable la Russie

Tous les athlètes, les entraîneurs, les médecins, la Fédération russe ont oeuvré de concert pour assouvir la soif de victoire du gouvernement de Moscou : l'Agence mondiale antidopage (AMA) a décrit lundi dans son rapport une tricherie au plus haut niveau.

. LE SYSTÈME

Le rapport décrit "une culture profondément enracinée de la tricherie".

"L'enquête montre que l'acceptation de la triche à tous les niveaux était étendue et de longue date", ajoute le texte, accusant au premier chef les entraîneurs "qui eux-mêmes étaient auparavant des athlètes et qui travaillent en relation avec le personnel médical. Cette mentalité de +victoire à tout prix+ a ensuite été transmise aux athlètes actuels (...)".

"La décision d'un athlète de ne pas participer (à la tricherie généralisée) est susceptible de le priver d'entraîneurs de premier plan et donc de l'opportunité d'exceller", insistent les auteurs, dénonçant "une mentalité fondamentalement dévoyée, profondément inscrite chez tous les athlètes russes".

"Cette mentalité est en théorie +justifiée+ par le fait que tous les autres trichent aussi"

"Des déclarations de témoins et d'autres preuves ont semble-t-il mis en lumière un haut niveau de collusion parmi les athlètes, les entraîneurs, les médecins, les officiels et les agences sportives pour fournir de façon systématique aux athlètes russes des produits dopant afin d'atteindre le principal objectif de l'Etat (...): produire des vainqueurs".

. ATHLETES, ENTRAINEURS, CADRES...

Les cinq athlètes dont l'AMA demande la suspension à vie sont Mariya Savinova, championne olympique du 800 m à Londres en 2012, la médaillée de bronze de ce même 800 m olympique Ekaterina Poistogova, également championne d'Europe en salle en mars dernier, Anastasiya Bazdyreva (800 m), Kristina Ugarova (1500 m) et Tatjana Myazina (800 m).

Sont aussi cités notamment Grigory Rodchenko, directeur du laboratoire antidopage de Moscou, l'ancien président de la fédération Valentin Balakhnichev et plus d'une dizaine d'entraîneurs.

"Les entraîneurs étaient complices en tentant d'empêcher l'accès aux athlètes pour des tests, faisant ainsi obstruction au processus du contrôle antidopage. (...) Les athlètes avaient pour instruction d'enregistrer des informations fausses sur les formulaires de contrôle".

"Les entraîneurs ont un intérêt financier à protéger leurs athlètes des contrôles qui pourraient produire des résultats positifs"

... ET POUVOIR RUSSE

"Même si des preuves écrites de l'implication du gouvernement n'ont pas été produites, il serait naïf à l'extrême de conclure que des activités de l'ampleur de celles qui ont été découvertes auraient pu se produire sans l'approbation tacite ou explicite des autorités du gouvernement russe"

. LES LANCEURS D'ALERTE

"Les lanceurs d'alerte constituent un élément important de la lutte contre le dopage dans le sport. Le code (de lutte antidopage) veut rendre facile et sûr le fait pour les lanceurs d'alerte de fournir des informations. L'AMA, par exemple, fournit et finance une Hot Line à cet effet"

"Les athlètes innocents ont besoin de protection".

. INTERPOL

"Le rapport identifie aussi la corruption et des pratiques de pots-de-vin au plus haut niveau dans l'athlétisme international, dont des preuves ont été transmises à Interpol pour des investigations appropriées"

. AU-DELÀ DE LA RUSSIE...

Même si le rapport publié lundi se limite à la présentation de preuves sur le monde de la piste en Russie, il convient de dire qu'il ne s'agit là que d'un cas particulier dans un monde du sport manifestement très atteint.

"La Russie n'est pas le seul pays, ni l'athlétisme le seul sport, à faire face au problème du dopage organisé".

dla/pr/jcp