NOUVELLES
09/11/2015 11:54 EST | Actualisé 09/11/2016 00:12 EST

Iran: vive réaction du chef de la Justice aux propos du président Rohani

Le chef conservateur de l'autorité judiciaire iranienne, l'ayatollah Sadegh Larijani, a vivement réagi lundi aux propos du président modéré Hassan Rohani qui semblait avoir mis en cause la justice et certains journaux les accusant de se comporter comme "une police secrète".

Dans un discours prononcé dimanche, M. Rohani a affirmé qu'"une marge permanente de sécurité était donnée" à certains médias, ce qui "leur permettait non seulement de dire tout ce qu'ils veulent, mais aussi parfois d'agir comme une police secrète".

"Dans certaines publications, vous apprenez qui va être arrêté demain, (...) la réputation de quelle personne doit être ruinée", a-t-il ajouté lors de la 21e Exposition de la presse, sans citer de noms.

Les journaux les plus conservateurs d'Iran sont très virulents dans leurs critiques à l'encontre du président Rohani qui, depuis son élection en 2013, mène une politique d'ouverture ayant culminé avec la conclusion en juillet d'un accord nucléaire historique avec les grandes puissances, dont les Etats-Unis.

"Le président a notamment dit que la justice doit être un refuge pour la société et (...) que si le sel est pourri la tache devient difficile. Doit-on se demander ce qu'il entend par là ? Peut-on rétorquer en disant +si le gouvernement est pourri, si le président est corrompu, la tache devient difficile+", a déclaré l'ayatollah Larijani, selon l'agence Isna.

"Si on veut dire que la justice est corrompue c'est une diffamation, sinon c'est une insulte", a-t-il ajouté.

Cette passe d'arme publique est une première entre le chef de l'autorité judiciaire et le président Hassan Rohani.

Elle intervient quelques jours après l'arrestation de quatre journalistes proches des réformateurs par les services de renseignement des Gardiens de la révolution, l'armée d'élite du régime, accusés d'être "membres d'un réseau d'infiltration lié aux gouvernements hostiles occidentaux".

M. Larijani a également affirmé que "certains médias perturbent l'ordre public (...) et il n'est pas acceptable que certains journaux touchent de l'argent et travaillent pour les étrangers contre la sécurité nationale".

Il a enfin lancé une mise en garde à l'approche des législatives de février 2016, considérées comme un enjeu crucial pour le président Rohani qui espère obtenir une majorité d'élus réformateurs et modérés au Parlement, actuellement dominé par les conservateurs.

sgh/cmk/mer/feb