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09/11/2015 04:17 EST | Actualisé 09/11/2016 00:12 EST

GB: La Cour suprême examine la plainte d'un islamiste libyen extradé

La Cour suprême britannique a entamé lundi l'examen de la plainte d'un ex-chef de guerre islamiste libyen qui accuse le gouvernement d'avoir oeuvré avec la CIA à son extradition vers la Libye du colonel Kadhafi en 2004.

Abdelhakim Belhaj, un ancien militant islamiste devenu le commandant militaire de Tripoli après la chute de Mouammar Kadhafi en 2011, accuse la Grande-Bretagne d'avoir fourni aux services du renseignement américains les informations ayant permis son arrestation puis son extradition vers Tripoli.

Lui et sa femme alors enceinte avaient été arrêtés puis détenus à Bangkok par des agents du renseignement américain en 2004, alors que Belhaj dirigeait le Groupe de combat islamique libyen, anti-Kadhafi.

Le couple avait été extradé vers Tripoli où Belhaj avait été torturé et emprisonné pendant six ans. Des dossiers exhumés des archives du régime de Kadhafi suggèrent qu'il avait été capturé grâce à un renseignement donné par les Britanniques après qu'il eut en vain demandé l'asile en Grande-Bretagne.

Belhaj a porté plainte contre le gouvernement britannique, y compris les services de renseignement MI5 et MI6.

La Cour d'appel, contredisant une décision de la Haute Cour de Londres en fin d'année dernière, a jugé que l'Etat britannique ne pouvait se prévaloir de l'immunité dans cette affaire, le renvoyant ainsi devant la Cour suprême.

"Pendant des années, le gouvernement a essayé de fermer la porte des tribunaux britanniques aux victimes de tortures et d'enlèvements sponsorisés par les Etats", a souligné Cori Crider, de l'organisation Reprieve, qui défend les droits des prisonniers.

Ce cas pourrait ainsi ouvrir la voie à l'examen d'autres cas de torture.

Le couple avait offert de régler l'affaire en échange d'excuses et d'un dédommagement symbolique d'une livre sterling. Le gouvernement avait fait valoir que la cause ne pouvait être entendue notamment parce que les accusations impliquaient d'autres pays.

Abdelhakim Belhaj dirige aujourd'hui le parti politique islamiste conservateur "Al Watan".

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