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09/11/2015 01:46 EST | Actualisé 09/11/2016 00:12 EST

Des diplomates déplorent la perte d'influence du Royaume-Uni dans le monde

"De plus en plus insulaire et replié sur lui-même", le Royaume-Uni souffre d'une perte d'influence dans le monde et traverse une "crise d'identité" visible à travers ses hésitations sur l'Europe, estime un rapport publié lundi par des diplomates de haut rang.

L'étude orchestrée par la commission diplomatique de la London School of Economics (LSE) souligne que le Royaume-Uni a, en tant que cinquième puissance mondiale, tous les atouts en main pour être un acteur majeur mais déplore qu'il est, en fait, devenu "un protagoniste réticent sur la scène internationale".

Les auteurs du rapport, dont d'anciens patrons des renseignements, des ex-ministres et ambassadeurs, évoquent "l'inquiétude de la communauté diplomatique britannique" et pointent "l'absence d'une stratégie claire en matière de politique étrangère".

"Le Royaume-Uni est devenu de plus en plus insulaire et replié sur lui-même. Mis sur la touche sur le dossier syrien, inefficace en Ukraine, rétif sur le plan européen, hostile aux réfugiés: ce qui était une crise de confiance est devenu une crise d'identité", constate le rapport.

Les auteurs rappellent que le gouvernement de David Cameron a été largement absent des négociations entre l'Ukraine et les rebelles prorusses et que sa participation à la coalition contre le groupe Etat islamique (EI) se limite à quelques frappes en Irak.

Mardi dernier, la commission parlementaire des Affaires étrangères s'est prononcée contre le projet de David Cameron d'étendre ces frappes à la Syrie. Le ministre des Affaires étrangères Philip Hammond a répété dimanche que le gouvernement souhaitait être sûr qu'il y ait "un consensus entre les partis politiques" sur la question, avant de faire voter une telle extension par la Chambre des Communes.

Le rapport de la LSE n'est pas tendre non plus avec David Cameron quant à sa politique par rapport à l'Union européenne au moment où le Premier ministre doit préciser mardi les réformes qu'il réclame à ses partenaires européens en vue du référendum sur l'appartenance de Royaume-Uni prévu d'ici la fin 2017.

"Passer notre temps à nous tourmenter sur la nature formelle de notre association avec l'UE limite les bénéfices que le Royaume-Uni pourrait tirer d'une telle relation. Le fait est que travailler dans et avec l'UE est une nécessité dans presque tous les domaines. Notre relation ambivalente avec l'Europe reflète en grande partie un mal-être dans la relation avec nous-mêmes", soulignent les auteurs.

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