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09/11/2015 03:20 EST | Actualisé 09/11/2016 00:12 EST

Burundi: plus de six mois de crise

Le Burundi est plongé dans une grave crise depuis l'annonce fin avril de la candidature de Pierre Nkurunziza à un 3e mandat qui, selon les contestataires, viole la Constitution et l'Accord d'Arusha ayant permis de mettre fin à la guerre civile (1993-2006).

La répression de manifestations et la réélection en juillet de Pierre Nkurunziza n'ont pas empêché l'intensification des violences, désormais armées. La crise a fait 200 morts et 200.000 réfugiés depuis fin avril.

- DÉBUT DES MANIFESTATIONS - PREMIERS MORTS -

- 26 avril 2015: Des milliers de manifestants se réunissent, bravant l'interdiction du gouvernement, au lendemain de la désignation de M. Nkurunziza par son parti, le CNDD-FDD, comme candidat à la présidentielle, donnant le coup d'envoi de six semaines de manifestations, quasi-quotidiennes à Bujumbura.

Trois personnes sont tuées dans des affrontements entre manifestants et policiers et deux lors de descentes nocturnes réalisées, selon des témoins, par des Imbonerakure, la Ligue de jeunesse du CNDD-FDD, dans un quartier du nord de la capitale.

- TENTATIVE DE PUTSCH AVORTÉE -

- 13 mai: L'ancien chef du service de renseignements et ex-chef d'état-major de l'armée, le général Godefroid Niyombare, annonce la destitution de M. Nkurunziza, en déplacement en Tanzanie.

Le 15 mai, la tentative de putsch échoue, certains des meneurs se rendent, d'autres fuient. Pierre Nkurunziza, de retour à Bujumbura, établit un lien entre les putschistes et les "soulèvements en cours".

Le 18 mai, il limoge son ministre de la Défense, jugé trop conciliant avec les manifestants, et celui des Relations extérieures.

- DÉFECTION DU PRÉSIDENT DE L'ASSEMBLÉE -

- 28 juin: Le président de l'Assemblée nationale sortante Pie Ntavyohanyuma, 2e personnage de l'État, annonce sa défection depuis Bruxelles. Son départ s'ajoute à la longue liste d'opposants, journalistes, membres de la société civile mais aussi cadres frondeurs du CNDD-FDD qui ont choisi l'exil.

- RÉÉLECTION DE NKURUNZIZA -

- 21 juillet: Pierre Nkurunziza est réélu sans surprise, avec 69,41% des voix.

- ATTAQUES CIBLÉES -

- 2 août: Le général Adolphe Nshimirimana, homme fort de l'appareil sécuritaire, est tué à Bujumbura. Le journaliste et correspondant de l'AFP et de Radio France internationale (RFI), Esdras Ndikumana, est arrêté par des membres du Service national de renseignement (SNR) et roué de coups.

Le 3 août, le militant des droits de l'Homme Pierre-Claver Mbonimpa est blessé par balle dans une tentative d'assassinat.

Le 15 août, un ex-chef d'état-major, le colonel Jean Bikomagu, figure du camp tutsi pendant la guerre civile, est assassiné par des inconnus.

Outre des assassinats ciblés à Bujumbura et en province, des attaques nocturnes sont aussi menées contre la police.

- POURSUITES POUR "INSURRECTION" -

- 17 septembre: Le Parquet annonce avoir émis des mandats d'arrêt contre les "organisateurs de l'insurrection et autres putschistes en fuite à l'étranger", sans les citer.

Quelques jours auparavant une commission d'enquête, créée par le même Parquet, avait recommandé des poursuites contre les principaux dirigeants - nommément cités - de l'opposition et de la société civile, les accusant d'avoir initié un "mouvement insurrectionnel" et d'être liés aux auteurs d'une tentative de coup d'Etat militaire.

- ACCUSATIONS D'EXACTIONS -

- 23 octobre: Le Haut-Commissariat des droits de l'Homme de l'ONU s'alarme de la "rapide dégradation" de la situation, rapportant qu'au moins 198 personnes ont été tuées depuis fin avril, dont 63 ces trois dernières semaines.

- ULTIMATUM DE NKURUNZIZA -

- 2 novembre: Le président lance un "dernier ultimatum" aux contestataires, leur donnant jusqu'au 7 novembre pour "renoncer à la violence" en échange d'une amnistie.

Le 8 novembre, neuf personnes sont tuées dans l'attaque d'un bar dans un quartier d'opposants de la capitale, quelques heures avant le début d'opérations de désarmement forcé dans le nord de la capitale.

Le Rwandais Paul Kagame accuse les dirigeants burundais de "massacrer" leur peuple.

Le Conseil de sécurité de l'ONU doit se réunir ce lundi, à la demande de la France, pour évoquer l'escalade des tensions.

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