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09/11/2015 00:21 EST | Actualisé 09/11/2016 00:12 EST

Burundi: au moins deux civils tués lors d'une opération de police à Bujumbura

Au moins deux civils ont été tués et un policier blessé lundi matin lors d'une opération de police dans un quartier contestataire de Bujumbura, selon une source policière et des témoins, après une nuit calme.

Selon un gradé de la police ayant requis l'anonymat, "des criminels armés" ont lancé une grenade sur une patrouille de police qui a répliqué, dans le quartier de Musaga, dans le sud de la capitale burundaise. Un policier a été blessé par cette grenade, a ajouté ce responsable.

"Deux personnes, dont un étudiant qui sortait de sa maison, ont été tuées par ces policiers qui tiraient dans tous les sens", a de son côté raconté un témoin, sous couvert d'anonymat, une version confirmée par deux autres habitants du quartier.

Les autorités burundaises ont lancé dimanche une vaste opération de recherche d'armes dans un autre quartier contestataire, Mutakura, dans le nord de Bujumbura, à l'expiration d'un ultimatum lancé par le président Pierre Nkurunziza aux opposants à son 3e mandat.

La présidence a tenté samedi de rassurer la communauté internationale qui s'inquiète de possibles violences policières et d'une potentielle escalade, sur fond de discours incendiaires aux connotations ethniques de certains durs du pouvoir.

"Il n'y aura pas de guerre ni de génocide" au Burundi, a affirmé samedi Willy Nyamitwe, influent conseiller de M. Nkurunziza.

Le Conseil de sécurité de l'ONU devait se réunir dans la journée pour examiner la situation au Burundi.

De nombreux habitants des quartiers contestataires, inquiets, avaient quitté ces derniers jours la capitale par crainte d'exaction de la police à l'expiration, samedi minuit, de l'ultimatum.

A Mutakura, "la nuit a été très calme", a assuré un habitant à l'AFP, "tout s'est bien passé, mais nous qui sommes restés sur place avons peur car le quartier est totalement totalement vide".

Après une opération de fouille de plusieurs heures dimanche, la police a présenté à la presse une dizaine d'armes et quelque grenades.

La candidature du président Nkurunziza à un troisième mandat, contraire selon ses adversaires et une partie de son camp à la Constitution et à l'accord d'Arusha ayant mis fin à la guerre civile (1993-2006), a plongé le Burundi dans une grave crise ayant fait 200 morts et 200.000 réfugiés depuis fin avril..

La répression de manifestations et la réélection en juillet de M. Nkurunziza n'ont pas empêché l'intensification des violences, désormais armées.

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