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08/11/2015 04:55 EST | Actualisé 08/11/2016 00:12 EST

Silvio Berlusconi s'en prend à l'Union européenne

L'ex-chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi s'en est pris dimanche à l'Union européenne en présentant un programme prévoyant "moins d'Europe", au cours d'une manifestation organisée à Bologne par le parti anti-européen de la Ligue du Nord.

"Notre programme s'articule autour de trois moins et de trois plus. Moins d'impôts, moins d'Etat et moins d'Europe et plus d'aide à ceux qui en ont besoin, plus de garanties pour tous, plus de sécurité", a-t-il lancé.

Le chef vieillissant, 79 ans, de Forza Italia, dont le parti, après avoir été le plus important d'Italie, n'occupe que la 4e place dans les intentions de vote, s'est adressé aux milliers de partisans venus assister à la manifestation.

Après une série de demandes au public "voulez-vous moins d'impôts" de toute sorte, il a attaqué l'UE.

"Etes-vous disposés encore à supporter une Europe qui nous impose des impôts et l'austérité?", a-t-il lancé, obtenant un +non+ de la foule.

"Etes-vous disposés encore à supporter une Europe qui nous impose des sanctions contre la Russie" avec les dommages qui en découlent pour l'économie italienne, a poursuivi M. Berlusconi.

Cette attaque représente un revirement spectaculaire de Silvio Berlusconi qui avait cherché encore tout récemment à se racheter sur le plan international en participant il y a trois semaines au congrès du Partie populaire européen (PPE) à Madrid.

Il avait rencontré à cette occasion la chancelière allemande Angela Merkel, présentant cela à l'opinion publique italienne comme un retour sur la scène internationale.

L'attaque contre l'UE le rapproche davantage de la Ligue du Nord dirigée par le jeune Matteo Salvini, 42 ans, dont le modèle et l'inspiration sont le parti français d'extrême droite Front National de Marine Le Pen.

Matteo Salvini a pour sa part attaqué le gouvernement de gauche de Matteo Renzi, qualifiant un de ses membres, le ministre de l'Intérieur, de "crétin inutile et incapable" et assurant qu'aux prochaines législatives son objectif "n'est pas de participer mais de gagner".

Dans cette optique il n'a pas évoqué les sujets sensibles, l'euro et l'UE, évoquant brièvement l'immigration pour dénoncer "les aides fournies à 5.000 km d'ici alors que l'on oublie le retraité de chez nous".

La manifestation a été ponctuée par des heurts entre les forces de l'ordre, très présentes dans la ville, et des jeunes de l'extrême gauche qui entendaient protester contre ce rassemblement organisé par Matteo Salvini à Bologne, ville symbole de la gauche italienne.

ljm/lpt