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08/11/2015 11:22 EST | Actualisé 08/11/2016 00:12 EST

Neuf personnes perdent la vie lors d'une attaque dans un bar au Burundi

BUJUMBURA, Burundi — Au moins neuf personnes ont été tuées dans une attaque perpétrée durant la nuit dans un bar de la capitale du Burundi, ont affirmé des témoins dimanche, tandis que les forces de sécurité passaient de porte en porte pour désarmer les civils dans des quartiers considérés comme des bastions de l'opposition.

Des citoyens ont découvert sept corps ensanglantés gisant au sol après que des tirs eurent retenti samedi soir dans un bar du secteur Kanyosha, au sud de Bujumbura. Deux autres personnes blessées dans l'attaque ont réussi à fuir les lieux mais sont mortes à l'hôpital, selon des témoins.

Le propriétaire du bar, son neveu et l'un de ses employés font partie des victimes, a affirmé Venant Rwakiranya, qui vit près du bar et qui a vu les corps.

Les assaillants ont ordonné à tous les clients assis à la terrasse de l'établissement de rentrer à l'intérieur, avant de commencer à tirer dans la foule, ont déclaré d'autres témoins à l'Associated Press, dimanche. Un témoin a raconté qu'il faisait griller de la viande pour des clients lorsque l'attaque a commencé. Ce témoin, qui a été hospitalisé pour soigner ses blessures, a réclamé l'anonymat par crainte pour sa sécurité.

Le propriétaire du bar, croyant que les assaillants étaient des voleurs, a demandé à ses clients de leur donner tout leur argent et leurs objets de valeur, ce qu'ils ont fait, mais l'un des hommes armés a alors ouvert le feu, a-t-il raconté. D'autres assaillants, qui montaient la garde à l'extérieur, ont tiré sur ceux qui tentaient de fuir, a dit ce témoin.

La communauté internationale s'inquiète de plus en plus de la multiplication des violences au Burundi depuis que le président Pierre Nkurunziza a annoncé son intention de se porter candidat pour un troisième mandat. Il a été réélu en juillet au terme d'un scrutin jugé peu crédible.

Dimanche, les forces de sécurité ont investi le quartier de Mutakura, fouillant les maisons à la recherche d'armes non enregistrées. Les civils n'étaient pas autorisés à entrer ou à sortir du quartier durant l'opération.

Un ultimatum gouvernemental exigeant la remise des armes illégales aux autorités sous peine de mesures policières extraordinaires a expiré à minuit, dans la nuit de samedi à dimanche, et le président Nkurunziza a ordonné aux forces de sécurité de prendre tous les moyens nécessaires pour faire appliquer le décret.

Plusieurs citoyens blâment la police et les forces de sécurité pour les violences.

Au cours des deux derniers jours, certains quartiers de Bujumbura se sont vidés alors que leurs résidants ont trouvé refuge dans des secteurs jugés moins dangereux, a déclaré Human Rights Watch samedi.

Selon les Nations unies, au moins 198 personnes ont été tuées au Burundi depuis le mois d'avril, quand Pierre Nkurunziza a annoncé son intention de briguer un nouveau mandat. Le bilan réel est probablement beaucoup plus élevé, plusieurs meurtres n'ayant pas été rapportés.