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07/11/2015 22:14 EST | Actualisé 07/11/2016 00:12 EST

Netanyahu et Obama se retrouvent pour tourner la page de l'accord avec l'Iran

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu rencontre lundi à Washington le président américain Barack Obama pour réchauffer des relations personnelles tendues, tourner la page de l'accord sur le nucléaire iranien et parler de défense.

Cette rencontre intervient au moment où M. Netanyahu subit de fortes pressions pour relancer un processus de paix israélo-palestinien moribond et mettre fin à l'actuel cycle de violences qui fait redouter une nouvelle intifada.

Les deux hommes ne se sont pas vus depuis octobre 2014 et leurs divergences n'ont fait que croître après l'accord nucléaire de juillet entre six grandes puissances et Téhéran, défendu par l'Américain et pourfendu par l'Israélien.

D'autant qu'en mars, le chef de file de la droite israélienne était venu courtiser les républicains, adversaires politiques de M. Obama, lors d'un discours devant le Congrès, au grand dam de la Maison Blanche.

Selon des experts, les deux dirigeants veulent toutefois tourner la page et réaffirmer la solidité des liens unissant leurs deux pays, alliés indéfectibles depuis la création de l'Etat d'Israël.

"Ils ne vont pas tomber amoureux", convient Zvi Rafiah, qui a longtemps conseillé l'ambassade israélienne à Washington, mais M. Netanyahu "comprend tout à fait la portée de cette visite et la valeur des Etats-Unis".

Le porte-parole de la Maison Blanche Josh Earnest a estimé que les sentiments personnels des deux dirigeants "étaient loin d'être aussi importants que leur capacité à travailler ensemble pour les intérêts de sécurité nationale des deux pays".

Ces derniers jours, des déclarations à l'emporte-pièce du nouveau conseiller en communication de M. Netanyahu, qui avait à une époque accusé M. Obama d'antisémitisme, auraient pu remettre de l'huile sur le feu mais le Premier ministre a vite pris ses distances avec des "mots inappropriés" qui "ne reflètent pas (s)es positions ni les politiques du gouvernement" israélien.

Le principal point des discussions portera sur un nouvel accord militaire pour les dix années à venir, dans le cadre duquel Israël pourrait réclamer une rallonge aux plus de trois milliards de dollars annuels d'aide militaire qu'il reçoit de Washington.

- Plus de F-35 -

Ces nouveaux besoins financiers viseraient à équiper Israël face aux risques auxquels l'Etat hébreu dit être exposé à cause de l'accord avec Téhéran, qui a accepté de limiter son programme nucléaire controversé contre une levée progressive et réversible des sanctions internationales asphyxiant son économie.

M. Netanyahu a qualifié cet accord d'"erreur historique" qui n'empêcherait pas l'Iran de se doter de l'arme nucléaire et affirmé que cela renforcerait les alliés de Téhéran, comme le Hezbollah libanais.

Le nouvel accord israélo-américain sur la défense ne prendra effet qu'en 2017 à l'expiration de celui en vigueur actuellement mais les deux dirigeants doivent évoquer des engagements qui pourraient permettre à Israël d'obtenir plus que les 33 avions de combat F-35 déjà commandés et d'espérer acquérir des avions-hélicoptères V-22 Ospreys.

L'administration Obama "est en fait très désireuse de montrer qu'elle s'engage pour la sécurité d'Israël", explique Jonathan Rynhold du Centre Begin-Sadat pour les études stratégiques.

Parmi les autres sujets qui devraient être au menu figurent le conflit syrien et les récentes violences israélo-palestiniennes -des attaques et des heurts qui ont fait plus de 70 morts côté palestinien et neuf côté israélien depuis le 1er octobre.

M. Obama a reproché dans le passé à M. Netanyahu d'envoyer des signaux contradictoires quant à son positionnement vis-à-vis de la solution à deux Etats, palestinien et israélien vivant en paix, et pourrait le pousser sur ce sujet.

Mais pour des responsables américains, M. Obama a perdu tout espoir de voir naître un accord de paix entre Israéliens et Palestiniens d'ici la fin de son mandat en janvier 2017.

A Washington, où il arrive dimanche et qu'il quittera jeudi, le Premier ministre israélien doit également rencontrer des parlementaires américain et recevra une récompense de l'American Enterprise Institute, classé à droite.

Mais il doit aussi rencontrer le think tank Center for American Progress, proche de la gauche, un geste interprété par des experts comme une tentative d'améliorer ses relations avec les démocrates.

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