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07/11/2015 23:30 EST | Actualisé 07/11/2016 00:12 EST

Les médias chinois mettent en garde Taïwan contre la tentation de l'indépendance

Les médias officiels chinois ont mis en garde Taïwan contre toute velléité d'indépendance dimanche, au lendemain d'un sommet qui représentait une première historique depuis la séparation il y a 66 ans entre la Chine continentale et l'île.

La longue poignée de main entre les présidents chinois Xi Jinping et taïwanais Ma Ying-jeou samedi à Singapour revêtait une grande importance symbolique.

Il s'agissait de la première rencontre entre dirigeants des deux régimes antagonistes depuis la fin de la guerre civile et la proclamation par Mao Tsé-toung de la République populaire de Chine (RPC) en 1949. Les nationalistes du Kuomintang (KMT) s'étaient alors réfugiés à Taïwan.

Mais cette rencontre a également mis en lumière les tensions qui restent d'actualité sur les deux rives du détroit de Formose. La Chine a déployé un nombre de missiles estimés à 1.500 dans le but de dissuader Taïwan de déclarer son indépendance.

Les relations se sont nettement réchauffées avec l'arrivée au pouvoir en 2008 du président Ma, qui promettait que l'amélioration des relations bilatérales serait synonyme de davantage de prospérité.

Mais suscitant les inquiétudes de Pékin, le principal parti d'opposition taïwanais, le Parti démocratique progressiste (PDP), qui milite traditionnellement pour une déclaration officielle d'indépendance, semble bien parti pour remporter la présidentielle de janvier à Taïwan.

Le Quotidien du peuple, l'organe du Parti communiste chinois, a mis en garde dans un éditorial contre toute "indépendance de Taïwan". L'île doit respecter le "consensus de 1992", un accord tacite entre Pékin et Taipei pour considérer qu'il n'y a qu'une seule Chine mais qui laisse à chaque partie le loisir d'interpréter ce que doit être cette Chine unique.

Faute de quoi, dit le journal, "le navire du développement pacifique pourrait rencontrer des vagues houleuses et une mer tempétueuse". "Il pourrait même chavirer".

Le Global Times, quotidien très nationaliste, renchérit: "La société taïwanaise manque de vigilance. Taïwan a échoué à imposer des restrictions à sa force de destruction potentielle".

Taïwan "doit rappeler aux candidats (à la présidentielle) que c'est seulement en adhérant au consensus de 1992 qu'ils pourront remplir leurs obligations et garantir une paix durable pour ses 23 millions d'habitants", écrit le journal.

Le PDP ne reconnaît pas cet accord. Sa candidate Tsai Ing-wen a répété maintes fois qu'elle maintiendrait le "statu quo" en cas de victoire à l'élection de janvier. Mais il est vraisemblable qu'elle fera l'objet de pressions de la part des pro-indépendance au sein de son parti.

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