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08/11/2015 02:31 EST | Actualisé 08/11/2016 00:12 EST

La Croatie vote, en pleine crise économique et migratoire

Les Croates votaient dimanche pour renouveler le Parlement dans un pays qui peine à se remettre après six ans de récession économique et voit transiter quotidiennement des milliers de migrants cherchant à s'installer en Europe.

Quatre heures et demie après le début du vote, à 10H30 GMT, le taux de participation était de 21,55%, supérieur de 5 points par rapport aux précédent scrutin de 2011. Les premiers résultats partiels officiels sont attendus dans la soirée.

Les sondages prédisent une course serrée entre "La Croatie grandit", la coalition de gauche au pouvoir (SDP) du Premier ministre sortant Zoran Milanovic, et l'alliance conservatrice de droite regroupée autour de Tomislav Karamarko, leader du principal parti d'opposition (HDZ).

Il s'agit des premières élections législatives depuis que la Croatie est entrée , en 2013, dans l'Union européenne.

La "Coalition patriotique" créée autour du HDZ se bat pour revenir au pouvoir, en dénonçant le bilan mitigé du gouvernement sortant et la situation de récession quasi-permanente depuis 2009.

Mais aucun des deux grands rivaux ne semble, selon les sondages, être en mesure d'obtenir une majorité des 151 sièges du parlement.

Une majorité parlementaire sera donc à négocier avec les cinq autres petites formations susceptibles de passer la barre de 5% des voix pour entrer au parlement, soulignent les analystes.

"Apparemment personne n'aura la majorité. Je crois que nous somme plus près de la former" en rassemblant d'autres partis, a affirmé M. Milanovic après avoir voté.

Son rival, M. Karamarko, n'a pas dissimulé son optimisme. "Nous allons l'emporter, je suis optimiste", a-t-il dit.

Par une journée ensoleillée d'automne, Maja Bacic, une fonctionnaire âgée de 45 ans peste contre "le HDZ qui a ruiné le pays lorsqu'il était au pouvoir" et insiste: "il faut se concentrer sur l'économie et l'emploi".

En revanche, Lucija Matkovic, une économiste de 23 ans, condamne le gouvernement sortant pour "le taux de chômage élevé qui pousse les jeunes à quitter le pays" et assure que "le HDZ va changer la situation".

Dans ce pays de 4,2 millions d'habitants devenu le 28e membre de l'UE, la victoire au début de l'année à la présidentielle de la conservatrice Kolinda Grabar Kitarovic, avec un discours critiquant les faibles performances économiques du gouvernement, avait initialement placé la droite dans une position avantageuse.

- 'valeurs patriotiques' -

Cependant, pour M. Milanovic, l'émergence de la crise migratoire à la mi-septembre, lorsque la Croatie a vu près de 350.000 réfugiés en route vers l'Europe occidentale transiter par son territoire, a été l'occasion de détourner l'attention des difficultés économiques.

"Le gouvernement a eu la chance de voir cette crise repousser à l'arrière plan tous les autres thèmes" du débat électoral, note l'analyste politique indépendant Davor Gjenero.

M. Milanovic a surfé sur la vague migratoire en faisant preuve d'empathie envers les migrants, mais aussi de fermeté vis-à-vis des pays voisins. Il a condamné la décision de la Hongrie de fermer sa frontière et critiqué la Serbie pour sa manière de gérer la crise, tout en affirmant qu'il tenait avant tout à protéger les intérêts de la Croatie.

De son côté, l'opposition a mené campagne sur les "valeurs patriotiques" en s'appuyant sur la rhétorique nationaliste.

Mais, selon M. Gjenero, les préoccupations d'ordre économique n'ont pas disparu pour autant, "alors qu'aucun des deux principaux partis n'a fourni des réponses sérieuses aux questions importantes".

Le taux de chômage atteignait en septembre 16,2%, dont 43,1% chez les jeunes. La dette publique frôle les 90% du PIB, et l'économie croate est l'une des plus pauvres de l'UE.

Le PIB a repris des couleurs au cours des trois premiers trimestres de l'année, mais les analystes notent que les deux principaux rivaux aux législatives n'ont pas offert de solution crédible pour redresser efficacement l'économie, ni pour résoudre le problème que pose une administration jugée inefficace et disproportionnée.

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