NOUVELLES
08/11/2015 01:30 EST | Actualisé 08/11/2016 00:12 EST

Iran: Rohani accuse des médias d'agir comme "une police secrète"

Le président iranien modéré Hassan Rohani a accusé dimanche certains médias de son pays opposés à sa politique de se comporter comme "une police secrète".

"Une marge permanente de sécurité a été donnée" aux médias, ce qui "leur permet non seulement de dire tout ce qu'ils veulent, mais aussi parfois d'agir comme une police secrète", a déclaré M. Rohani dans un discours prononcé à la 21ème Exposition de la presse qui regroupe à Téhéran quelque 600 médias iraniens et des représentants de la presse étrangère.

"Dans certaines publications, vous apprenez qui va être arrêté demain, ce qui va être fermé demain, quelle réputation d'une personne doit être ruinée", a-t-il ajouté, sans citer de noms.

Les journaux les plus conservateurs d'Iran sont très virulents dans leurs critiques à l'encontre du président Rohani qui, depuis son élection en 2013, mène une politique d'ouverture ayant culminé avec la conclusion en juillet d'un accord nucléaire historique avec les grandes puissances, dont les Etats-Unis.

"Certains se disent révolutionnaires (...) mais être révolutionnaire signife pour moi ne pas mentir, ne pas accuser les autres", a affirmé M. Rohani. "Etre révolutionnaire, c'est donner de l'espoir, c'est rassurer le peuple". Or, a-t-il dit, "une partie de l'élite attaque une autre partie: est-ce cela la révolution et être révolutionnaire?".

Ce discours survient quelques jours après l'arrestation "de plusieurs membres d'un réseau d'infiltration lié aux gouvernements hostiles occidentaux, qui travaillaient dans les réseaux sociaux et les médias", parmi lesquels trois journalistes proches des réformateurs, selon les services de renseignement des Gardiens de la révolution, l'armée d'élite du régime.

Le président Rohani a reconnu le droit à la presse de "critiquer le gouvernement, la justice, le Parlement", mais "la critique n'est pas l'accusation (...), ce n'est pas salir, insulter, mentir". "Oui, nous devons être vigilants", a reconnu Hassan Rohani, mais il ne fait "pas constamment empoisonner l'atmosphère" créée par l'accord nucléaire qui va permettre une levée des sanctions internationales contre l'Iran en échange de son engagement à limiter son programme nucléaire civil.

stb-neg/jri