DIVERTISSEMENT
08/11/2015 10:20 EST | Actualisé 09/11/2015 09:35 EST

Gala de l'ADISQ : «Je ne vis pas dans le passé» - Dominique Michel (VIDÉO)

Dominique Michel l’a répété, a insisté : elle n’œuvre plus dans la vie publique, elle s’est retirée, ne joue plus, ne chante plus, elle est passée à autre chose.

Mais qu’importe. L’ADISQ n’a eu que faire des arguments de la grande dame de notre show-business et a tenu à lui rendre hommage lors de son 37e Gala, qui aura lieu ce dimanche, à la Salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts, et que les téléspectateurs syntoniseront en direct, à Radio-Canada, à compter de 19h30. Dominique Michel a plaidé qu’elle est timide, l’ADISQ a riposté que le public l’adore toujours et qu’elle mérite encore tous les éloges.

C’est que la reine des Bye Bye, autant humoriste que comédienne, a également poussé la chansonnette ça et là dans sa carrière. Mommy Daddy, (En veillant) Sur l’perron, Ces bottes sont faites pour marcher, Hiver maudit (j’haïs l’hiver), Un homme, Une petite canadienne, Y’a toujours moyen de moyenner, ça vous dit quelque chose? Comme quoi un petit bout de femme de la grandeur de Dominique Michel peut aisément contenir tous les talents.

«Je ne voulais pas du tout, au début, confirme l’artiste de 83 ans. Je suis en rémission d’un cancer et je ne fais plus rien, j’ai quitté le métier. Moi, j’ai terminé et je m’assois sur mon divan! Je leur ai dit de le donner à quelqu’un qui est encore là, qui a une belle carrière. Mais on m’a dit que je ne pouvais pas refuser! Alors, j’ai dit oui…»

Des «longs jeux», des 78, 45 et 33 tours, Dominique Michel en a fait paraître quelques-uns, bien avant que les iPod et autres joujoux électroniques ne chamboulent nos habitudes musicales. Une vingtaine, si son souvenir est bon.

«Moi, je ne vis pas dans le passé, précise-t-elle toutefois. J’ai tout oublié. Je suis dans le présent. Mais je rendrai peut-être hommage à Raymond Lévesque, qui a écrit des chansons magnifiques, dont Quand les hommes vivront d’amour. Il m’en a écrit à moi aussi, et c’est à lui que je dois mon début de carrière de chanteuse.»

D’ailleurs, quelques jours avant de rencontrer les médias, au lancement du disque Berce-moi, Dominique Michel avait mis la main sur un précieux objet : un 78 tours de sa pièce (En veillant) Sur l’perron, jadis enregistré dans un studio de New York, aux côtés de Quincy Jones et du frère de ce dernier, et sur lequel Tony Mottola, fondateur de Sony Music, jouait de la guitare.

«Il est impeccable, s’est réjoui Dominique Michel. Le son est très bon. Je me suis dit que je devrais peut-être le faire encadrer et le donner à quelqu’un qui possède un studio d’enregistrement…»

Le reste des trésors du passé de Dodo, personnels et professionnels, sont désormais exposés à la Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ).

Fan d’Adele

Si elle accepte de temps à autre de sortir de sa retraite, que ce soit pour donner un coup de pouce à la Fondation de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont, qui est en campagne de financement, ou alors pour participer à des projets significatifs, comme le collectif Berce-moi, où elle interprète la mythique Mommy Daddy, Dominique Michel soutient néanmoins ne pas s’ennuyer du tout, loin des projecteurs et des caméras.

«Pas une seconde!, s’enflamme-t-elle. C’est comme si je n’avais jamais arrêté de travailler. J’ai toujours quelque chose à faire…»

Et elle continue de se tenir au courant de ce qui se passe sur la scène culturelle. Son prochain bonbon? La sortie du nouvel album d’Adele, qui sera dans les bacs le 20 novembre. L’enthousiaste Dodo a déjà marqué la date d’un X sur le calendrier.

«J’ai tellement hâte, je ne me possède plus, rigole-t-elle. C’est une chanteuse que j’adore, et Xavier Dolan a fait un clip merveilleux. Je me demandais pourquoi elle ne faisait pas d’autre album. Mais elle en lance un le 20 novembre! (rires) J’ai retenu la date!»

Une «mélodie extraordinaire»

La mémoire ne lui fait pas défaut non plus lorsqu’on demande à Dominique Michel pour quelle raison elle a voulu reprendre Mommy Daddy sur la compilation Berce-moi. La ballade écrite par Gilles Richer et Marc Gélinas, tirée de la trame sonore du film Tiens-toi bien après les oreilles à papa, et que notre souvenir collectif attribue surtout à la voix de Pauline Julien, avait pourtant d’abord été livrée par Dominique Michel, en 1971. Celle-ci se sent encore directement interpellée par le sujet de ce texte, qui reflétait la société d’alors… et qui est encore d’actualité en 2015.

«C’est une mélodie extraordinaire, louange Dominique. Elle est autant à propos aujourd’hui qu’elle l’était à l’époque. Au Québec, on a eu un moment extrêmement difficile, quand j’avais à peu près 30 ans. Quand on allait dans les magasins dans l’ouest de Montréal, on nous répondait en anglais. Quand j’ai dénoncé ça, à la radio, j’ai perdu ma job. Quand j’ai dénoncé que, chez Air Canada, si, sur un groupe de quatre personnes, trois parlaient français, et une seule, anglais, il fallait quand même parler anglais, j’ai perdu ma job.»

«Donc, j’ai donné, et je ne l’ai pas regretté. La chanson parle d’assimilation, mais ce n’est pas agressif, c’est doux. Pour Berce-moi, j’avais avec moi une chorale de jeunes anglophones, des voix d’anges. Je suis très contente de l’avoir fait», complète Dominique Michel.

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