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08/11/2015 12:20 EST | Actualisé 08/11/2015 12:20 EST

Des brocolis québécois cultivés... en Californie

Radio-Canada.ca

La Californie est le véritable potager de l'Amérique du Nord. Et le secteur maraîcher compte pour 50 % de la production agricole. Quelques rares producteurs maraîchers québécois vont d'ailleurs produire leurs légumes dans cet État de la côte ouest-américaine lorsque le froid s'installe au Québec.

Un reportage de France Beaudoin

C'est le cas de Daniel Bérard, président de VegKiss, l'un des plus importants producteurs de brocolis et de choux-fleurs au Canada.

Pour vendre du brocoli 12 mois par année, l'homme d'affaires a développé un partenariat avec le géant californien Bengard Ranch, qui cultive les brocolis qui se retrouvent dans nos assiettes.

Avec des ventes annuelles de 100 millions de dollars, ce sont de véritables barons de la production maraîchère aux États-Unis. La famille s'est installée dans la vallée de Salinas vers 1850 et possède aujourd'hui les terres les plus fertiles de la région. Daniel Bérard vient régulièrement en Californie pour veiller à la bonne marche des opérations.

« Ils ont une capacité de production qui est énorme. Ils vont produire dans une journée ce que le Québec produit dans l'année. C'est phénoménal. Ici, c'est vraiment les jardins du monde. »

— Daniel Bérard

Une relation de longue date

L'étroite relation d'affaires qui unit Daniel Bérard et ses partenaires californiens dure depuis 25 ans. Le producteur québécois détermine ses besoins en début de saison. Année après année, les commandes sont énormes.

« On est un important fournisseur pour les magasins IGA au Québec. C'est clair que tout le monde qui font leurs emplettes chez IGA ont goûté quelque part à un brocoli VegKiss. »

— Daniel Bérard

Près de 90 % de la production est vendue à prix fixe. Des transactions de plusieurs millions de dollars sont conclues au téléphone sans qu'aucun contrat ne soit signé. Tout est basé sur la confiance. Les relations semblent être au beau fixe.

« Quand le marché est moins bon, il négocie à la baisse et on tente d'obtenir un meilleur prix, mais on trouve toujours un terrain d'entente. »

— John Harrington, directeur général de Bengard Ranch

Dans les parcelles de terre réservées à VegKiss, la récolte va bon train et Daniel Bérard aime ce qu'il voit.

« La qualité est très belle. On remarque la qualité par la grosseur des grains. Le brocoli est très serré. C'est un produit qui va avoir une très grande longévité. »

— Daniel Bérard

Une fois le brocoli coupé, c'est la course contre la montre. Chaque heure de retard avant que le produit ne soit refroidi lui fait perdre une journée de vie. La chaîne de froid est primordiale.

Les caisses de brocolis sont rapidement transportées dans l'entrepôt réfrigéré, où elles sont refroidies à l'air pulsé pendant environ 4 heures, jusqu'à ce que la température interne baisse à 34 degrés Farenheit, soit 1 degré Celsius. Les boîtes sont ensuite chargées dans un camion réfrigéré, ultime étape en terre californienne, avant le début d'un long voyage de 5200 kilomètres vers le Canada.

Daniel Bérard dirige aussi une division spécialisée en transport réfrigéré. Sa flotte compte 110 camions et fait principalement la liaison Québec-Californie. Les remorques ne partent jamais vides du siège social de Joliette. Elles transportent des denrées sèches, de la mousse de tourbe, par exemple, utilisée par les producteurs californiens de fraises et de choux-fleurs. Au retour, outre les brocolis, elles sont chargées de fruits et légumes variés, qui seront vendus dans nos supermarchés.

Lorsque les brocolis tout frais arrivent à destination, à l'entrepôt de Joliette, ils passent rapidement à l'étape du contrôle de la qualité et ils sont emballés selon les spécifications des clients, avant de prendre le chemin du centre de distribution.

Daniel Bérard a également développé le secteur de l'emballage. En fait, il est devenu aujourd'hui le plus important employeur privé de la région de Lanaudière, avec un holding dont le chiffre d'affaires atteint 65 millions de dollars.

Mais au-delà des chiffres et du succès de son entreprise, Daniel Bérard demeure humble. Pour lui, chaque visite en Californie est une nouvelle occasion de tirer profit de l'expérience de ses partenaires californiens et de s'inspirer du savoir-faire des géants de l'industrie maraîchère.

« Je suis toujours épaté. Je retourne chez nous, je suis crinqué, ça n'a pas de bon sens. Je suis stimulé. Ça me donne le goût d'en faire encore plus, mais de le faire encore mieux aussi. »

— Daniel Bérard

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