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08/11/2015 01:00 EST | Actualisé 08/11/2016 00:12 EST

Crash en Egypte: le rapatriement des Russes et Britanniques se poursuit

La Russie et la Grande-Bretagne continuaient dimanche à rapatrier leurs touristes de Charm el-Cheikh en Egypte huit jours après le crash de l'avion russe très probablement provoqué par un attentat selon Londres, Washington et des experts quasi-unanimes.

Seule l'Egypte, dont le tourisme est l'un des piliers de l'économie, semble traîner des pieds pour reconnaître ce qui apparaît de plus en plus comme une évidence. Le Caire répète qu'on ne peut tirer aucune conclusion définitive avant la fin de l'enquête, laissant entendre qu'elle pourrait durer encore longtemps.

A Charm el-Cheikh, destination phare au bord de la mer Rouge, d'où s'était envolé le 31 octobre l'Airbus A321 avec 224 passagers à bord avant de s'écraser dans le désert du Sinaï, des milliers de touristes russes et britanniques bloqués dans les hôtels commencent à s'impatienter.

Moscou, qui avait décidé vendredi d'interdire à ses compagnies tout vol commercial vers un quelconque aéroport égyptien, avait dépêché samedi 44 avions vides pour commencer à récupérer ses quelque 78.000 ressortissants. Mais dimanche, seuls quatre appareils avaient décollé de Charm el-Cheikh vers la Russie en milieu de matinée et le hall des départs était quasiment désert, a rapporté un journaliste de l'AFP sur place.

A Moscou, le vice-Premier ministre russe Arkady Dvorkovitch a cependant affirmé qu'environ 11.000 touristes russes étaient retournés d'Egypte, essentiellement de Charm el-Cheikh et d'Hurghada, au cours des dernières 24 heures. Dimanche sera "le jour le plus chargé" pour les rapatriements, a-t-il précisé à l'aéroport Vnukovo de la capitale russe.

Les passagers ne pouvant mettre leurs valises en soute, un avion-cargo a quitté dimanche Hurghada avec 30 tonnes de bagages, selon Moscou.

Londres a pour sa part annoncé le rapatriement de Charm el-Cheikh de quelques 20.000 Britanniques, une opération initiée vendredi et poursuivie lentement et dans la cohue samedi.

Dimanche, seulement huit vols à destination du Royaume-Uni étaient prévus, selon des responsables de l'aéroport. A raison d'une moyenne de 150 à 200 passagers par vol, il faudrait théoriquement une centaine d'avions pour rapatrier les quelque 16.500 Britanniques restant à Charm, soit, si ce rythme quotidien est maintenu, environ 12 jours.

"On se sent bloqués au sol", se lamentait dimanche Joanna Baker, 22 ans, en échangeant mollement quelques balles de tennis de table avec son compagnon pour tromper l'ennui dans un hôtel de luxe. "On a passé du bon temps jusqu'à jeudi", jour prévu de leur départ, "mais maintenant, ça nous agace, on veut juste savoir quand on part", lâche la jeune femme.

La catastrophe aérienne, si l'attentat est confirmé, risque de porter un coup fatal au tourisme en Egypte, un pays déjà affecté par des années d'instabilité depuis la chute du régime de Hosni Moubarak en 2011 à l'issue d'une révolte populaire, ainsi que par les années de violences et de chaos qui ont suivi.

- Un 'bruit' et plus rien -

Le Royaume-Uni et les Etats-Unis ont rapidement privilégié la piste d'une bombe à bord de l'avion de la compagnie russe Metrojet qui devait rallier Saint-Pétersbourg. Le crash a été revendiqué presque immédiatement par la branche égyptienne du groupe Etat islamique, dont le Sinaï est le bastion, où elle commet quasi-quotidiennement des attentats meurtriers contre policiers et soldats.

Après avoir douté, la Russie semble désormais privilégier cette thèse en suspendant tous ses vols civils vers l'Egypte.

Vendredi, une source très proche de l'enquête avait indiqué à l'AFP que les experts de la commission d'enquête (Egypte, Russie, France, Allemagne, Irlande), à l'exception des Egyptiens, "privilégient très fortement" la piste de la bombe.

Le chef égyptien de la commission d'enquête a bien reconnu samedi que les enregistrements des données de vol et des voix dans le cockpit par les deux "boîtes noires" ont mis en évidence une rupture totale et brutale de tout enregistrement après 23 minutes et 14 secondes de vol à l'altitude de croisière, la dernière seconde étant marquée par "un "bruit". Mais il faudra en déterminer "la nature" par une "analyse spectrale" et récupérer et stocker au Caire, pour les étudier, "chaque débris" de l'appareil, pour établir des conclusion définitives.

Plus directe, une source de l'AFP estime qu'il n'y a qu'une possibilité "infiniment petite" qu'une "dépressurisation explosive" aussi soudaine en pleine altitude de croisière, qui génère une "rupture instantanée" des données des boîtes noires et ne laisse pas le temps à une alarme de se déclencher ou aux pilotes de lancer un SOS, puisse résulter d'un incident technique.

Selon une de ces sources, des experts égyptiens mais surtout russes étaient à pied d'oeuvre dès samedi pour rechercher des traces d'explosifs sur les débris de l'appareil éparpillés sur "plus d'une centaine de km2".

Par ailleurs, selon les médias américains et britanniques, Washington et Londres ont rapidement été convaincus de l'origine criminelle du crash après avoir intercepté grâce à leurs satellites des conversation entre jihadistes le démontrant, dont certaines avant le vol fatidique.

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