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08/11/2015 07:05 EST | Actualisé 09/11/2015 09:33 EST

Quotas francophones à la radio: l'ADISQ crée une alliance (PHOTOS/VIDÉO)

Huit organismes voués à la défense de la chanson québécoise s’unissent pour préserver les quotas de musique francophone à la radio.

En point de presse, quelques minutes avant le 37e Gala de l’ADISQ, dimanche, Solange Drouin, vice-présidente aux affaires publiques et directrice générale de l’ADISQ, a annoncé que l’ADISQ, la SPACQ, la SODRAC, la SOCAN, l’UDA, la GMMQ, l’APEM, ArtistI et la SOPROQ font front commun pour exiger du CRTC qu’il n’abaisse pas le pourcentage de chansons francophones exigé sur les ondes radiophoniques de 65% à 35%, comme le réclament présentement les radios.

«Nous lançons un mouvement visant à dire haut et fort : «Notre chanson, on veut l’entendre», a déclaré Solange Drouin. Nous n’initions pas cette campagne parce que nous sommes attachés au passé, mais parce que nous croyons en l’avenir de notre chanson et dans la place qu’elle mérite.»

Le collectif compte faire entendre sa voix en déposant un mémoire étoffé, appuyé par tout le milieu de la musique, aux prochaines audiences du CRTC, après les Fêtes. Les artistes étaient d’ailleurs invités à porter une épinglette en soutien à la cause pendant le Gala de l’ADISQ, dimanche.

Claude Larrivée, président de l’ADISQ, a pour sa part avancé que les radios jouent encore un rôle déterminant dans la carrière des chanteurs au Québec et que celles-ci doivent toujours être considérées comme un essentiel véhicule de promotion pour la chanson en français.

«La radio joue un rôle central dans le développement de la carrière de nos artistes. Souvent, c’est parce qu’un artiste joue à la radio qu’il commence à vendre des albums. Il y a un commerce lié à la diffusion de la chanson francophone à la radio. (…) Nous avons besoin de tous les outils performants qui font entendre la voix de nos artistes, qui leur permettent de faire découvrir au plus grand nombre leur musique et leur talent. Les quotas radio font indéniablement partie de ces moyens, et leur efficacité doit même être améliorée.»

Les élus réagissent aussi

Hélène David, Ministre de la Culture et des Communications du Québec, et Mélanie Joly, nouvelle Ministre du Patrimoine canadien, ont apporté publiquement leur appui au regroupement mené par l’ADISQ, dimanche.

«Pour mon gouvernement, il est très, très clair que le CRTC doit maintenir les quotas de musique francophone à la radio, a martelé la Ministre Hélène David. Il en va de notre culture, il en va de notre identité, il en va de l’avenir du Québec, c’est très, très clair.»

«Nous voulons retisser des liens forts, valoriser notre milieu culturel et, à terme, créer un partenariat durable, parce que nous croyons en l’importance de nos artistes au pays», a promis Mélanie Joly, qui en était à son premier mandat officiel, officialisant ainsi les volontés du nouveau gouvernement libéral de Justin Trudeau.

Giroux et Pellerin se prononcent

Invités à prendre position quant à cet épineux débat, Monique Giroux et Fred Pellerin se sont aussi exprimés sur le tapis rouge qui précédait la cérémonie animée par Louis-José Houde.

«Moi, je ne prône pas forcément la quantité, mais la qualité, a expliqué Monique Giroux. Même si on impose toujours un certain nombre de chansons francophones, sans obliger une certaine rotation, on pourra toujours respecter les quotas en diffusant toujours les trois ou quatre mêmes chansons, ce qui n’est pas une très bonne idée. Moi je prône plutôt un quota de qualité, qu’il y en ait de plus en plus, mais qu’elle soit aussi de meilleure en meilleure. C’est important de laisser aux artistes le libre choix de s’inspirer de ce qu’ils veulent. Ils peuvent peindre leur toile en bleu, en jaune, en rose, je n’émets aucun droit là-dessus, mais quand ils la font en français, qu’ils la fassent bien.»

« On ne devrait pas avoir à nous mettre dans des quotas et à en faire des règles, alors que je crois qu’on a tout ce qu’il faut pour avoir une musique qui habillerait les ondes 24 heures sur 24, a pour sa part décrété Fred Pellerin. Ce serait tellement simple. C’est tellement heureux, on n’est pas dans une zone de musique abrutissante. On le voit cette année, encore. Ce qu’on génère comme musique au Québec, pour le nombre de personnes qu’on compte sur le territoire, per capita, on fait un score incroyable. On devrait donc la mettre en valeur! C’est profondément nous. Il y a quelque chose à revoir.»

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