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06/11/2015 07:06 EST | Actualisé 06/11/2016 01:12 EDT

Turquie: perquisition dans des locaux du patronat proche de l'imam Gülen (médias)

La police turque a investi vendredi après-midi à Ankara des locaux d'une puissante organisation patronale proche de l'imam Fethullah Gülen, l'ennemi juré du président islamo-conservateur Recep Tayyip Erdogan, ont rapporté les médias locaux.

Sur réquisition d'un procureur, les policiers sont entrés dans plusieurs bâtiments appartenant à la Confédération des entrepreneurs turcs (Tuskon) et ont entamé des perquisitions, a indiqué l'agence de presse progouvernementale Anatolie.

Cette opération s'inscrit dans le cadre de l'"enquête sur l'Etat parallèle", la dénomination officielle retenue par les autorités pour la mouvance Gülen qu'elles considèrent comme une "organisation terroriste" , a précisé Anatolie.

La Tuskon, fondée en 2005 et qui réunit 55.000 membres, est accusée dans la presse progouvernementale de "financer" les activités des gülénistes.

L'organisme a précisé sur son compte Twitter que la perquisition visait le siège ankariote de sa Fédération des hommes d'Affaires d'Anatolie (Anfed).

Ce nouveau raid intervient cinq jours après la large victoire remportée dimanche aux élections législatives par le parti de M. Erdogan, qui a regagné la majorité absolue des sièges au Parlement perdue cinq mois plus tôt.

Le chef de l'Etat a déclaré la guerre à l'imam Gülen fin 2013, à la faveur d'un scandale de corruption retentissant qui a visé plusieurs de ses proches. Il reproche à son ex-allié, qui dirige depuis les Etats-Unis un influent réseau d'écoles, d'ONG et d'entreprises, d'avoir bâti un "Etat parallèle" pour le renverser.

Avant le divorce entre le pouvoir turc et M. Gülen, la Tuskon, très présente à l'étranger, jouait un rôle important de promotion des entreprises turques à l'international.

Depuis près de deux ans, l'homme fort du pays a multiplié les poursuites judiciaires et les purges dans la fonction publique contre les partisans de l'imam Gülen.

Mardi, une quarantaine de personnes soupçonnées d'être proches de son organisation ont été interpellées dans dix-huit provinces du pays, dont des policiers et des hauts fonctionnaires soupçonnés de "possession de documents militaires ou confidentiels".

Juste avant les élections, la police turque avait également pris d'assaut le siège de deux chaînes de télévision appartenant à une holding proche de M. Gülen visées par une décision judiciaire de mise sous tutelle.

Ce raid spectaculaire a été largement dénoncé, en Turquie comme à l'étranger.

Poursuivi pour tentative de coup d'Etat, M. Gülen, qui nie les accusations portées contre lui, doit être jugé début janvier par contumace devant un tribunal turc.

BA/pa/lpt