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06/11/2015 08:33 EST | Actualisé 06/11/2016 01:12 EDT

Syrie: les précédentes utilisations d'armes chimiques dans le conflit

Depuis le début du conflit syrien, en mars 2011, les camps en présence ont été accusés à plusieurs reprises d'avoir eu recours à des armes chimiques.

- DAMAS BRANDIT LA MENACE D'ARMES CHIMIQUES -

- 23 juil 2012: Le régime reconnaît pour la première fois posséder des armes chimiques et menace de les utiliser en cas d'intervention militaire occidentale mais pas contre sa population.

Le 20 août, le président américain Barack Obama affirme qu'avoir recours à de telles armes ou même les déplacer reviendrait à franchir une "ligne rouge".

- ATTAQUE AU GAZ SARIN PRES DE DAMAS -

- 21 août 2013: Attaque des forces du régime dans la Ghouta orientale et à Mouadamiyat al-Cham, en périphérie de Damas, des secteurs aux mains des rebelles. L'opposition accuse le régime, qui dément, d'avoir perpétré l'attaque avec des gaz toxiques.

Fin août, les Etats-Unis affirment avoir la "forte certitude" que le régime est responsable de l'attaque qui a fait selon eux au moins 1.429 morts, dont 426 enfants.

Le 16 septembre, l'ONU publie un rapport de ses experts qui ont enquêté sur l'attaque, selon lequel des "preuves flagrantes" de l'utilisation de gaz sarin ont été trouvées.

Mais deux jours auparavant, la signature d'un accord américano-russe à Genève sur le démantèlement de l'arsenal chimique de la Syrie a repoussé la perspective de frappes envisagées notamment par Washington et Paris pour "punir" Assad.

- ATTAQUE AU CHLORE DANS LE NORD ET LE CENTRE -

- 10 sept 2014: Les enquêteurs de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) confirment que le chlore a été utilisé en tant qu'arme chimique de manière "systématique et répétée" à Kafr Zeta (dans la province de Hama, centre), Al-Tamana et Tal Minnis (dans la province d'Idleb, nord).

Selon Human Rights Watch, ces attaques perpétrées en avril contre ces villages aux mains des rebelles sont le fait du régime.

Le régime et les rebelles s'accusent mutuellement d'utiliser des agents chimiques, dont le chlore, depuis le début du conflit.

Fin août, une commission d'enquête de l'ONU avait accusé les autorités d'avoir utilisé des armes chimiques, "probablement du chlore", à huit occasions dans l'ouest du pays.

- 7 août 2015: Le Conseil de sécurité de l'ONU décide à l'unanimité de former un groupe d'experts pour identifier les responsables de récentes attaques chimiques au chlore.

Washington, Londres et Paris accusent l'armée syrienne d'avoir mené depuis 16 mois des attaques au gaz de chlore. Mais pour la Russie, alliée de Damas, il n'existe pas de preuve irréfutable de la culpabilité du régime.

- L'EI ACCUSE D'AVOIR UTILISE DU GAZ MOUTARDE -

- 25 août 2015: Des militants syriens et des ONG médicales affirment avoir documenté une attaque à l'arme chimique ayant touché des dizaines de personnes le 21 août à Marea, principal bastion des rebelles dans la province d'Alep (nord), une des sources accusant le groupe Etat islamique (EI).

Médecins Sans Frontières, qui n'est pas en mesure de confirmer la nature de l'agent, assure toutefois que l'état des patients et les témoignages "indiquent une exposition à un agent chimique". La Syrian American Medical Society (SAMS) indique que ses propres médecins ont identifié l'agent comme du gaz moutarde.

- 5 nov 2015: Des experts en armes chimiques ont conclu pour la première fois que du gaz moutarde avait été utilisé le 21 août à Marea, indiquent des sources au sein de l'OIAC, qui, conformément à son statut, ne désigne aucun responsable.

Le 6 novembre, l'OIAC confirme que du gaz moutarde a été utilisé en août, ajoutant qu'une autre arme chimique, le gaz de chlore, a "vraisemblablement" été utilisé en mars à Idleb (nord-ouest).

acm/hj