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06/11/2015 04:46 EST | Actualisé 06/11/2016 01:12 EDT

Situation au Burundi: réunion lundi du Conseil de sécurité de l'ONU (Paris)

Le Conseil de sécurité de l'ONU se réunira lundi à la demande de la France sur la situation au Burundi où selon Paris "les discours de haine" menacent d'enflammer le pays, a annoncé vendredi le Quai d'Orsay.

La réunion doit se tenir avec des représentants du Haut Commissariat aux droits de l'Homme et de l'Union africaine, selon le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, Romain Nadal.

"A notre demande, le Conseil de sécurité des Nations unies se réunira lundi 9 novembre sur la situation au Burundi", a-t-il déclaré, en s'inquiétant de "la dégradation continue de la situation" dans ce pays.

"La France condamne les discours de haine, dont la connotation communautaire est inacceptable. Nous appelons l'ensemble des acteurs burundais, gouvernement et opposition, à faire preuve de retenue et à s'engager dans un dialogue politique, seul à même de surmonter la crise actuelle", a ajouté M. Nadal.

Le Burundi est en proie depuis six mois à une violente crise politique qui a fait environ 200 morts, provoquée par la décision du président burundais Pierre Nkurunziza de briguer un troisième mandat et sa réélection en juillet.

Le Conseil de sécurité avait adopté fin octobre une déclaration unanime de ses 15 membres, condamnant les violences au Burundi et soutenant la décision de l'Union africaine de lancer une enquête sur la violation des droits de l'homme.

Lundi, M. Nkurunziza a lancé un ultimatum aux meneurs de la contestation, leur donnant jusqu'à samedi minuit pour "renoncer à la violence", et indiquant que les forces de sécurité pourraient ensuite utiliser "tous les moyens" pour rétablir l'ordre.

Analystes, diplomates et opposants s'inquiètent également de la multiplication des propos incendiaires par le camp du président burundais qui selon eux joue dangereusement avec la question ethnique.

Le Burundi risque de sombrer dans la guerre civile et les massacres, a averti le centre de réflexion International Crisis Group (ICG) vendredi. Le pays a connu une sanglante guerre civile de 1993 à 2006 ayant opposé des rébellions hutu à l'armée alors dominée par la minorité tutsi.

cf/nou/cyj