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06/11/2015 13:53 EST | Actualisé 06/11/2016 01:12 EDT

Pérou : ouverture d'un registre des victimes de stérélisations forcées entre 1996 et 2001

Le gouvernement péruvien a ordonné la création d'un registre national des victimes de stérilisations forcées entre 1996 et 2001, selon un décret publié vendredi.

Le texte prévoit que les ministères de la Justice, de la Santé, et de la Femme, mettent en oeuvre ce registre d'ici un mois afin de clarifier le nombre exact de personnes concernées par cette pratique.

En 1996, sous le gouvernement d'Alberto Fujimori (1990-2000) le Pérou a lancé un programme de santé publique visant à réduire la natalité par une campagne de ligature des trompes, en théorie sur une base volontaire, afin de renforcer le développement économique du pays.

Selon la Défenseure du Peuple le ministère de la Santé a fait pratiquer 272.028 ligatures des trompes entre 1996 et 2001, mais seulement 2.074 femmes ont formellement porté plainte devant la justice pour avoir été forcées à une telle intervention. Au total 18 femmes sont officiellement mortes des suites de l'opération.

La décision de l'actuel gouvernement du président Ollanta Humala intervient après l'annonce le 21 octobre d'une campagne mondiale menée par Amnesty international pour que le Pérou ouvre enfin un tel registre des femmes victimes de stérilisations forcées. Ces stérilisation forcées "sont l'une des plus graves violations des droits de l'homme dans les Amériques. C'est un thème qui a marqué l'histoire de la région", a souligné la Mexicaine Erika Guevara-Rosas, directrice d'Amesty international pour les Amériques.

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