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06/11/2015 05:36 EST | Actualisé 06/11/2016 01:12 EDT

MotoGP: "La moto n'est pas un sport de contact mais le contact en fait partie" (pdt FIM)

"La moto n'est pas un sport de contact mais le contact en fait partie", a insisté vendredi Vito Ippolito, le président de la Fédération internationale motocycliste (FIM), en revenant sur l'accrochage entre Rossi et Marquez, à la veille du Grand Prix de Valence dimanche, décisif pour le titre mondial en MotoGP.

"Sinon, nous ne verrons plus de courses mais des processions", a averti le patron de la FIM dans un entretien à l'AFP, en regrettant toutefois que "de trop nombreuses personnes (aient) mis de l'huile sur le feu" après l'incident entre le double champion du monde espagnol et le vétéran italien, candidat à un 8e titre mondial dans la catégorie reine dimanche.

Après son mano a mano viril avec Marquez (Honda), lors du Grand Prix de Malaisie, le 25 octobre, c'est Rossi, 36 ans et déjà nonuple champion du monde, dont sept dans la plus grosse des catégories, qui avait été jugé coupable de la chute de son adversaire.

Sanctionné pour "conduite irresponsable", il partira en dernière place sur la grille de départ dimanche, une position qui pourrait lui coûter le titre, alors qu'il ne possède que 7 points d'avance au classement général sur son coéquipier et adversaire espagnol de chez Yamaha, Jorge Lorenzo.

- Permis à points -

Si M. Ippolito assure que "le sport doit sortir vainqueur du Grand Prix de Valence, dimanche", avec "loyauté et respect des valeurs", il voit aussi plus loin que cette fin de saison et envisage déjà des évolutions dans les règlements pour l'année prochaine.

"Nous allons effectuer des changements dans les réglements dès l'an prochain", a ainsi révélé le président de la FIM, en souhaitant notamment revenir sur l'automaticité des sanctions.

"Actuellement notre système ressemble à celui du permis à points, avec les inégalités qu'il suscite. Un homme ivre est pénalisé pour excès de vitesse de la même manière qu'un mari qui emmène urgemment à l'hôpital sa femme sur le point d'accoucher ! En course, c'est totalement différent. On doit juger le fait et éviter donc que la sanction soit automatique", a-t-il expliqué.

Concrètement, et depuis trois saisons, la direction de course peut enlever de 1 à 10 points aux concurrents selon les fautes commises, points qui peuvent se cumuler sur une période de 365 jours.

- Fougue des jeunes pilotes -

Par exemple, cumuler 4 points -ce qui est le cas actuellement de Rossi après ses 3 points de sanction pour son accrochage avec Marquez- oblige à partir du fond de la grille, 7 points engendre un départ depuis les stands et 10 points interdit au pilote de se présenter à la course suivante ou annule sa performance si celle-ci a eu lieu lors du dernier Grand Prix de la saison.

"Ce réglement a été créé et accepté par toutes les parties pour résoudre certains problèmes -comme encadrer la fougue des jeunes pilotes- mais il en a créé d'autres", a regretté le patron de la fédération: "En fait nous souhaiterions enlever le côté systématique de ces sanctions et les analyser au cas par cas".

"Heureusement, nous avons beaucoup de caméras sur les circuits et les images aident beaucoup les commissaires, déjà très expérimentés, mais comme dans tous les sports, il y a une grande part de subjectivité dans les prises de décision", a-t-il ajouté.

Et "l'analyse d'un dépassement doit être fine", insiste-t-il, sans revenir sur la chute de Marquez, provoqué selon son écurie Honda par un coup de pied de Rossi.

syd/ol/dhe