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06/11/2015 10:13 EST | Actualisé 06/11/2016 01:12 EDT

Les tueries au Burundi "doivent cesser", exige Ban Ki-moon

Le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon a exigé vendredi que la violence et les tueries répétées cessent au Burundi, selon un communiqué de l'ONU.

M. Ban a estimé que les tueries "doivent cesser", déplorant que la découverte de corps de Burundais, "dont beaucoup semblent avoir été exécutés sommairement", soit devenue une "occurrence fréquente" dans la capitale Bujumbura.

"La violence récurrente et les tueries au Burundi doivent cesser", a-t-il réclamé.

Welly Nzitonda, un des fils du défenseur burundais des droits de l'homme Pierre-Claver Mbonimpa, a été retrouvé assassiné vendredi à Bujumbura peu après son arrestation par la police. Il s'agit du second membre de la famille de M. Mbonimpa assassiné en quelques semaines, après la mort d'un de ses gendres début octobre.

Le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l'homme Zeid Ra'ad Al Hussein a de son côté affirmé que "cet assassinat renforce les craintes de voir des membres de l'opposition, des journalistes, des défenseurs des droits de l'homme et des citoyens ordinaires perçus comme adversaires du gouvernement, être ciblés de façon systématique".

La candidature du président Pierre Nkurunziza à un troisième mandat, contraire, selon les contestataires à la Constitution et à l'accord d'Arusha ayant mis fin à la guerre civile, a plongé fin avril le Burundi dans une crise qui a déjà fait au moins 200 morts.

Une brutale répression des manifestations et la réélection en juillet de M. Nkurunziza n'ont pas empêché l'intensification des violences, désormais armées.

M. Ban a réitéré ses appels au dialogue entre parties rivales et réclamé la fin des violences, alors que le Conseil de sécurité de l'ONU doit se réunir lundi, à la demande de la France, pour évoquer l'escalade des tensions au Burundi.

Les craintes de voir de nouvelles violences sont renforcées à l'approche d'un ultimatum posé par le président Pierre Nkurunziza, qui a demandé aux insurgés de se rendre avant le 7 novembre.

Washington redoute "que cet ultimatum de cinq jours émis par le président ne déclenche des violences à partir de ce week-end", a ainsi mis en garde jeudi l'ambassadrice américaine auprès des Nations unies, Samantha Powers.

Le centre de réflexion International Crisis Group (ICG) a pour sa part estimé que le Burundi faisait "à nouveau face à de possibles atrocités à grande échelle et une possible guerre civile".

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