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06/11/2015 09:24 EST | Actualisé 06/11/2016 01:12 EDT

Le projet d'oléoduc Keystone XL entre le Canada et les Etats-Unis

L'oléoduc Keystone XL devant relier le Canada aux Etats-Unis a été rejeté vendredi par le président américain Barack Obama après des années de tergiversations. Voici les paramètres clés du projet avorté.

QU'EST-CE QUE KEYSTONE XL?

C'est un projet d'extension de l'oléoduc Keystone, construit par le groupe canadien TransCanada, qui relie déjà la province canadienne de l'Alberta à des terminaux pétroliers dans l'Illinois.

En 2008, TransCanada présente le projet d'un oléoduc de 91 centimètres de diamètre, Keystone XL, destiné à relier plus rapidement l'Alberta au Texas, via une portion aboutissant dans le Nebraska, d'où d'autres lignes transportent le brut jusqu'aux raffineries du Golfe du Mexique.

Le tracé de cette extension mesure 1.897 km de Hardisty, dans l'Alberta, jusqu'à Steele City, dans le Nebraska (529 km au Canada, 1.351 km aux Etats-Unis). Il traverse la frontière au niveau du Montana. Des extensions, déjà construites, relient Steele City à Cushing, dans l'Oklahoma, et au final Nederland, au Texas.

POURQUOI L'OLÉODUC A SUSCITE LA CONTROVERSE?

Le tracé initial posait un risque de fuites, selon les opposants, pour les réserves naturelles de Sand Hills dans le Nebraska, et TransCanada a soumis en mai 2012 un nouveau tracé.

Les écologistes ont également critiqué le type de pétrole potentiellement acheminé: les sables bitumineux de l'Alberta nécessitent une extraction énergivore et productrice d'un grand volume de gaz à effet de serre.

Un rapport du département d'Etat avait conclu en janvier 2014 que l'existence de l'oléoduc en soi n'aurait pas d'impact environnemental majeur, puisque même s'il n'était pas construit, les sables seraient vraisemblablement de toutes façons extraits au Canada, pour être exportés ailleurs qu'aux Etats-Unis.

RETOMBÉES ÉCONOMIQUES

En janvier 2014, le département d'Etat avait aussi indiqué que Keystone XL pouvait créer environ 42.100 emplois directs et indirects annuels aux Etats-Unis pendant les deux années de la construction, dont 3.900 emplois directs liés au chantier.

Barack Obama, en juillet 2013, avait quant à lui relevé que Keystone XL ne créerait que 50 emplois permanents. Le président américain a répété vendredi que le projet n'aurait pas véritablement encouragé l'emploi aux Etats-Unis.

DÉPENDANCE ÉNERGÉTIQUE

Selon TransCanada, le projet, en permettant de transporter 830.000 barils de brut par jour du Canada vers les raffineries du Golfe du Mexique, aurait permis de réduire la dépendance énergétique américaine de 40% envers le Venezuela et le Moyen-Orient.

Les opposants assuraient en revanche que Keystone n'aurait eu aucun impact sur l'autonomie énergétique des Etats-Unis, car la majorité du pétrole acheminé vers les raffineries aurait en réalité été exporté vers l'Europe et l'Amérique Latine.

SÉCURITÉ

Selon TransCanada, l'acheminement de pétrole via des oléoducs souterrains est bien plus sûr que le transport maritime ou ferroviaire. La société a ainsi affirmé que 4,6 millions de kilomètres d'oléoducs transportaient quotidiennement "99,9998% du pétrole et du gaz naturel à travers les Etats-Unis de manière sûre et fiable".

Le projet Keystone XL prévoyait d'équiper l'oléoduc de 21.000 radars capables de fournir des rapports toutes les cinq secondes par satellite et d'isoler des tronçons présentant des problèmes en quelques minutes grâce à des vannes actionnées à distance.

Les opposants n'ont cessé de rappeler que Keystone avait connu une douzaine de fuites dès sa première année d'exploitation, dont près de 80.000 litres dans le Dakota du Nord.

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