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06/11/2015 03:05 EST | Actualisé 06/11/2016 01:12 EDT

La France accueille les premiers demandeurs d'asile dans le cadre du plan de répartition européen

Dix-neuf demandeurs d'asile érythréens provenant de "hotspots" en Italie sont attendus vendredi dans l'ouest de la France, dans le cadre de la première opération de "relocalisation" prévue par un accord européen fin septembre, a indiqué le ministère de l'Intérieur.

La France "a proposé à l'Italie et à la Grèce de prendre en charge 200 personnes en novembre, 300 en décembre et 400 en janvier", dans le cadre de ce programme prévoyant que 30.000 personnes soient accueillies sur le territoire en deux ans, a ajouté le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve dans un communiqué.

Dans le cadre d'"une première action expérimentale", 19 d'entre eux seront accueillis en région Pays de la Loire, a précisé le ministère.

Leur souhaitant "la bienvenue en France", M. Cazeneuve a assuré "que leurs demandes d'asile seront examinées avec une particulière célérité".

Ces candidats à l'asile ont transité par trois centres situés en Italie (Agrigente, Bari et Rome), et ils doivent arriver par autobus vendredi en France. Ils seront accueillis dans des structures dédiées à l'accueil de demandeurs d'asile situées à proximité de Nantes.

La France avait déjà pris en charge quelque 600 réfugiés, essentiellement des Syriens, qui étaient arrivés de Munich début septembre, mais il s'agissait d'une opération distincte destinée à soulager l'Allemagne qui fait face à des arrivées très importantes depuis l'été.

Conformément au programme de "relocalisation" décidé par l'Union européenne et portant sur 160.000 personnes au total, "la France s'est engagée à accueillir, au cours des deux prochaines années, un peu plus de 30.000 demandeurs d'asile en besoin manifeste de protection", a rappelé le ministre.

Par ailleurs des ONG se sont inquiétées d'une hausse des placements "abusifs" en centres de rétention administrative (CRA) de migrants venant de Calais (nord de la France), une mesure justifiée par les autorités par le besoin de désengorger le bidonville de cette ville portuaire où se pressent près de 6.000 candidats au voyage clandestin vers le Royaume-Uni.

"La hausse très importante de la pression migratoire enregistrée à Calais depuis un mois, environ, a nécessité une adaptation à la hausse de notre dispositif d'éloignement, en ciblant plus spécifiquement les personnes en situation d'intrusion sur le tunnel (sous la Manche) ou le port", a affirmé la préfecture du Pas-de-Calais.

Quelque 664 personnes, en grande majorité des réfugiés de guerre, ont ainsi été transférées vers des centres de rétention répartis dans toute la France depuis le 21 octobre, mais ont quasiment tous été relâchés par les autorités judiciaires car leur situation les rend inexpulsables, selon la Cimade.

Ces mesures d'éloignement sont menées en parallèle avec celles proposant aux migrants qui le souhaitent de quitter Calais pour rejoindre des centres d'accueil et d'orientation en France où ils pourront déposer un dossier de demandeur d'asile . Un millier d'entre eux ont déjà accepté cette proposition.

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