NOUVELLES
06/11/2015 09:07 EST | Actualisé 06/11/2016 01:12 EDT

L'OIAC confirme l'utilisation de gaz moutarde, du gaz de chlore "vraisemblablement" utilisé aussi

L'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) a confirmé vendredi que du gaz moutarde avait été utilisé en Syrie en août, ajoutant qu'une autre arme chimique, le gaz de chlore, avait "vraisemblablement" été utilisée en mars à Idleb (nord-ouest).

"L'équipe a pu confirmer avec la plus grande confiance qu'au moins deux personnes ont été exposées au gaz moutarde et qu'il est très probable que les effets de cette arme chimique aient provoqué la mort d'un enfant", a indiqué l'OIAC dans un communiqué.

Plusieurs sources au sein de l'organisation avaient assuré jeudi soir à l'AFP qu'un rapport établissait l'utilisation de gaz moutarde le 21 août à Marea, une ville de la province d'Alep (nord).

Conformément à son statut, l'OIAC ne désigne pas de coupable, mais se limite à établir le type d'arme chimique utilisée.

Le groupe Etat Islamique (EI) avait été de nouveau pointé du doigt vendredi matin par des militants syriens, alors que les accusations de recours aux armes chimiques se multiplient en Syrie comme en Irak.

Selon des militants présents sur place au moment des faits, plus de 50 obus de mortier avaient été lancés ce jour-là sur la ville par l'EI.

Le gaz moutarde - qui provoque des détresses respiratoires, une cécité momentanée et des cloques très douloureuses - avait été utilisé pour la première fois par les Allemands en Belgique en 1917. Il a été banni par l'ONU en 1993.

-six attaques-

Dans la province d'Idleb, dans le nord-ouest de la Syrie, une autre équipe d'experts a conclu que des "incidents de mars 2015 ont vraisemblablement vu l'utilisation d'un ou plusieurs agents chimiques - dont le gaz de chlore- en tant qu'armes", a affirmé l'OIAC.

L'organisation des droits de l'homme Human Rights Watch (HRW) avait accusé le régime d'avoir alors utilisé des barils remplis de chlore sur des civils dans ce secteur tenu par les rebelles, lors de six attaques qui se sont produites entre le 16 et le 31 mars.

Les enquêteurs de l'OIAC avaient déjà établi en septembre 2014 que le chlore avait été utilisé en tant qu'arme chimique de manière "systématique et répétée" à Kafr Zeta (dans la province de Hama, centre), Al-Tamana et Tal Minnis (dans la province d'Idleb).

La Russie, alliée du régime de Bachar al-Assad, a longtemps estimé qu'il n'y avait pas de preuves d'une responsabilité des forces syriennes dans ces attaques, même si les Etats-Unis répètent que du chlore a été utilisé dans des barils d'explosifs largués par hélicoptère. Or, selon les pays occidentaux, seul le régime syrien dispose d'hélicoptères.

Le Conseil de sécurité de l'ONU a décidé à l'unanimité le 7 août de former un groupe d'experts pour identifier "les individus, entités, groupes et gouvernements" responsables des attaques.

Les experts ont également mené l'enquête à Jobar, un quartier tenu par les rebelles dans l'est de Damas, au sujet d'une attaque le 29 août au cours de laquelle, selon le régime, des soldats de l'armée auraient été blessés.

"Sur la base des preuves disponibles", les experts n'ont pas pu conclure "avec assurance" que des agents chimiques avaient été utilisés en tant qu'armes.

Après une attaque chimique qui a tué des centaines de personnes dans la région de la Ghouta orientale, à l'est de Damas, en août 2013, la Syrie avait accepté de déclarer et de remettre son arsenal chimique dans le cadre d'un accord supervisé par l'OIAC.

Au total, 1.300 m3 d'armes chimiques ont été saisies en Syrie. Une majorité, composée de gaz moutarde et sarin, avait été neutralisée sur un navire de la marine américaine.

mbr/jkb/lpt