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06/11/2015 06:34 EST | Actualisé 06/11/2016 01:12 EDT

GB: le grand patronat se défend d'être aveuglément pro-européen

La principale organisation du grand patronat britannique, la CBI, s'est défendue vendredi de mener une campagne aveuglément pro-européenne avant le référendum sur le "Brexit", après avoir été mise en cause par des eurosceptiques.

"J'ai un mandat très fort de nos adhérents. Ce n'est pas un consensus (...), tous les membres de la CBI et toutes les entreprises ne pensent pas la même chose, mais j'ai une importante majorité de sociétés qui veulent rester dans une Union européenne réformée", a souligné le directeur général de la CBI, John Cridland.

Cette organisation revendique quelque 190.000 membres, dont la plupart des principales sociétés cotées à la Bourse de Londres. Ses adhérents emploient 7 millions de personnes au total, soit un tiers de la main d'oeuvre du secteur privé au Royaume-Uni.

A l'instar du gouvernement conservateur du Premier ministre David Cameron, qui a promis un référendum sur le maintien ou non du Royaume-Uni dans l'UE d'ici à la fin 2017, la CBI milite pour le maintien du pays dans l'union à condition que cette dernière engage un certain nombre de réformes - comme accélérer la conclusion d'un accord de libre-échange avec les Etats-Unis et assouplir des régulations pesant sur les entreprises.

La CBI a néanmoins été attaquée cette semaine sur cette position par Vote Leave ("Voter pour partir"), une association qui appelle à quitter l'UE et qui compte des responsables politiques de différents partis, mais aussi des personnalités du monde des affaires.

"La CBI, qui se décrit comme étant +la voix du monde des affaires+, a toujours adopté une posture pro-UE sans réserve", a fustigé Vote Leave cette semaine, une position qui "ne représente pas celle de ses membres", ont jugé ces eurosceptiques.

Vote Leave s'est appuyé sur une étude publiée au mois de septembre par la Fédération des Petites Entreprises (FSB). Cette dernière a diffusé une enquête appuyée sur des réponses écrites transmises par plus de 6.000 de ses membres, selon laquelle 47% des sondés voteraient pour le maintien dans l'UE, 41% pour le départ, environ 11% n'étant pas décidés.

D'après Vote Leave, cette étude montre que le monde des affaires est beaucoup plus "divisé" sur la question que ne le laisse entendre la stratégie de la CBI.

Lors d'une conférence de presse organisée à trois jours de la conférence annuelle de la CBI, M. Cridland a répondu que la position de la grande organisation patronale s'appuyait "sur des discussions engagées avec des centaines d'entreprises pendant dix mois", particulièrement via "des débats menées avec quelque 900 dirigeants d'entreprises au niveau régional".

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