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06/11/2015 08:53 EST | Actualisé 06/11/2016 01:12 EDT

Espagne: Madrid écarte un général rallié à Podemos

Le gouvernement espagnol a mis vendredi à la retraite, pour "perte de confiance", l'ex-chef d'état-major des armées de 2008 à 2011, après l'annonce de son ralliement au parti de gauche radicale Podemos et ses déclarations sur la situation en Catalogne (nord-est).

Podemos avait annoncé mercredi que le général Julio Rodriguez, qui commandait les opérations militaires en Espagne sous le gouvernement du socialiste José Luis Zapatero, était candidat sur ses listes pour les élections législatives du 20 décembre.

Le chef du parti, Pablo Iglesias, avait présenté ce militaire de 67 ans comme un futur ministre de la Défense et avait mis en avant une volonté de "modernisation et de démocratisation des forces armées".

A peine deux jours plus tard, l'exécutif a décidé de mettre fin aux fonctions du général Rodriguez, pour "perte de confiance", a annoncé la vice-présidente du gouvernement de Mariano Rajoy, Soraya Sáenz de Santamaría.

Le gouvernement "respecte pleinement" son intention de "participer aux élections au sein des listes d'un parti déterminé", a-t-elle assuré à l'issue du Conseil des ministres. Mais elle a critiqué des déclarations du général qui avait affirmé mercredi que le défi des indépendantistes catalans devait se résoudre "politiquement et non pas par le droit".

Mme Sáenz de Santamaría lui a reproché d'avoir exprimé des opinions politiques dans ce débat "alors qu'il se trouve toujours dans la situation d'un militaire de réserve", ce qui va selon elle "à l'encontre du devoir de neutralité que doivent respecter les militaires et a fortiori ceux qui, comme lui, ont assumé les plus hauts responsabilités".

Le général a ainsi été mis à la retraite de ses fonctions à l'ordre honorifique de Saint-Ferdinand et à l'ordre royal et militaire de Saint-Herménégilde, chargés d'accorder les récompenses pour mérites militaires.

Cependant, Julio Rodriguez a expliqué vendredi qu'il avait lui-même "demandé cette mise à la retraite". "Surpris qu'après un acte administratif, on utilise les institutions de manière électoraliste", a-t-il réagi dans un tweet.

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