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06/11/2015 06:43 EST | Actualisé 06/11/2016 01:12 EDT

Angoisse et soulagement à l'aéroport égyptien de Charm el-Cheikh

La confusion et la colère des touristes britanniques bloqués à l'aéroport de Charm el-Cheikh vendredi étaient palpables, alors que des avions tentaient tant bien que mal de les évacuer, six jours après le crash de l'avion russe dans le Sinaï égyptien.

Les Britanniques ont décidé d'annuler les vols vers la cité balnéaire du sud du Sinaï, alors que la thèse de l'attentat à la bombe, semble de plus en plus probable. Le groupe jihadiste Etat islamique (EI), avait affirmé être responsable du crash.

L'aviation civile égyptienne, après avoir fait état de 29 vols vendredi pour rapatrier les Britanniques de Charm el-Cheikh, a finalement indiqué que seuls huit seraient autorisés.

"Nous n'avons aucune idée de l'heure prévue pour notre départ mais nous savons qu'il y a un vol à 11H00. Il n'y a aucune communication de la part de l'ambassade, pas de e-mails ni de textos", déplorait Donna Conway, 49 ans.

Elle devait prendre son vol mercredi. "Depuis, nous sommes bloqués à l'hôtel".

Des touristes ont interpellé l'ambassadeur de Grande-Bretagne John Casson à son arrivée à l'aéroport.

"Quand allons-nous pouvoir rentrer chez nous?", s'écriait un Britannique forcé à passer une nouvelle nuit à son hôtel de Charm el-Cheikh. "Nous ne savons pas ce qui se passe".

"Nous avons passé du très bon temps ici mais nos vacances sont en train de virer au cauchemar", disait un avocat britannique se faisant appeler Will.

Seuls deux avions de la compagnie britannique EasyJet avaient décollé de Charm el-Cheikh à la mi-journée, alors que 13 vols transportant des touristes russes ont décollé en direction de Moscou et d'autres villes.

Aucun vol russe n'a été annulé depuis le crash de l'Airbus A321 appartenant à la compagnie russe Metrojet, ont indiqué des responsables. L'avion est tombé 23 minutes après son décollage, faisant 224 morts.

"Nous rentrons à la maison après de bonnes vacances à Charm el-Cheikh", expliquait Anastasia Kartashova, 29 ans, dans la file d'attente pour faire inspecter son bagage. "Je suis contente que notre vol soit à l'heure".

- 'Frustration' -

"Ce qui est arrivé à l'avion de Saint-Pétersbourg est triste mais cela ne m'empêchera pas de revenir à Charm el-Cheikh, on adore le soleil d'ici", disait-elle en anglais.

Une centaine de touristes russes faisait la queue derrière elle.

Des policiers vêtus de blanc contrôlaient les sacs de cabine des passagers qui passaient par des détecteurs de métaux.

Même si nombre de touristes britanniques soutiennent la décision de leur gouvernement de suspendre les vols, ils exprimaient leur frustration concernant le manque d'information sur les nouveaux horaires de départ.

"Oh non !", s'exclamait tout fort une touriste après une annonce de la compagnie Easyjet expliquant qu'il n'y aurait plus de départs ce vendredi.

"Qu'est-ce qu'on fait maintenant, on retourne à l'hôtel ?", s'interrogeait un autre.

Seuls quelque 300 passagers ont pu monter vendredi dans un des deux vols Easyjet à destinations de la Grande-Bretagne, avec pour seul bagage un sac de cabine.

"On ne savait même pas que seuls les sacs de cabine seraient autorisés", expliquait une femme. "Rien n'est clair, personne ne sait rien."

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