DIVERTISSEMENT
05/11/2015 05:32 EST | Actualisé 05/11/2015 06:44 EST

«PAG revisité» : heureux hommage au rockeur (PHOTOS)

Simon Laroche

Une poignée d’artistes ont accepté de se plonger dans le répertoire de Michel Pagliaro afin d’en interpréter une dizaine de morceaux, question de redonner un nouveau souffle au travail colossal de ce rockeur qui a marqué la musique, mais aussi un pan de notre histoire québécoise.

Discussion tridimensionnelle avec le réalisateur Carl Bastien, ainsi que les chanteurs Patrice Michaud et Karim Ouellet.

Galerie photo PAG revisité Voyez les images

Né à Montréal en 1948, Michel Pagliaro, alias Pag, est un monument qui a écrit, composé et chanté une quantité imposante de textes dans les deux langues officielles. Il a offert 15 albums studio en 20 années, en plus de certains trucs live. Il a énormément joué à la radio et dans bien des lecteurs de cassette. Sa chanson J’entends frapper (parue sur l’album PAG, sorti en 1972) est pratiquement devenu un hymne populaire au fil des décennies. Bref, l’hommage est amplement justifié.

Bien entendu, le projet d’un album hommage renferme toujours une part de danger : on se frotte inévitablement au jeu des comparaisons. Pis encore, on peut rater son coup.

Cela dit, réjouissons-nous, PAG revisité est non seulement réanimé par un réalisateur et des musiciens-chanteurs talentueux, c’est une proposition générale assez réussie. Elle a juste suffisamment de fraîcheur pour donner envie d’écouter Pagliero autrement, sans toutefois dénaturer son œuvre.

Mentionnons par exemple la très jolie Rainshowers (possiblement la plus belle du disque), interprétée par Damien Robitaile, qui a évacué le ton humoristique et crooner de son travail pour livrer une pièce bien sentie aux arrangements brillants (livrés notamment avec divers claviers).

À chacun son PAG

« C’est Musicor qui m’a approché, raconte Carl Bastien au téléphone. Certaines personnes avaient déjà approché Pagliaro pour obtenir son accord… Il était cool avec l’idée, mais il ne voulait juste pas être impliqué directement dans le processus. C’est normal. Le tout était finalisé en octobre. Il était bien content du résultat… Une partie a été enregistrée aux Planet Studios et une autre au studio Victor, à Montréal.

Pour les quelques artistes de Québec, comme The Seasons, ils se sont débrouillés là-bas. »

« Chaque artiste avait le mandat de développer sa version, poursuit-il. C’est pour cette raison aussi qu’il choisissait son band ou sa manière d’enregistrer la chanson qui lui était attitrée. Le chanteur avait ensuite une journée en studio pour enregistrer sa toune. J’étais là pour coordonner et superviser le tout […] J’ai écouté beaucoup de Pag dans ma vie, même si la musique anglophone a pris énormément de place. C’est l’un des chanteurs francophones que j’ai apprécié. »

Après l’écoute des premiers morceaux du disque, on remarque aisément que chaque musicien-chanteur respecte un style et une couleur qui lui sont propres. Mara Tremblay (avec son copain Sunny Duval, elle interprète la pièce What the Hell I Got) propose un folk country qui lui ressemble.

Même chose pour Galaxie, qui livre Louise avec des guitares grinçantes et un clavier énergique.

Comme l’explique Patrice Michaud en entrevue, c’était important pour lui de s’approprier la chanson Les bombes et d’en faire une version ayant une touche de sa personnalité.

« Toute cette histoire a été rondement menée. C’était vraiment cool. J’en prendrais d’autres des projets du genre.

On m’a proposé Les bombes et c’était parfait. C’est un classique de Pag apprécié de ses fans. En plus, les paroles sont malheureusement au goût du jour. Son impact est toujours intact. Ma seule préoccupation était d’en extraire le rock, celui qui fait années 1980, qui sonne très Aerosmith.

J’ai voulu faire à croire que nous (Marc Chartrain à la batterie, Mark Hébert à la basse et Antoine Gratton au clavier) étions Noirs ! Je désirais apporter un nouveau groove à cette chanson qui avance comme un train, renchérit Patrice Michaud. Je voulais garder son côté très dynamique, mais amener un autre style. Ma référence était un album de Dr. John, qui s’appelle Locked Down (2012).

C’est très New Orleans et de tribal. Je voulais m’en aller par là. Les gars ont tout de suite compris… »

Si tu voulais

Bien que l’équipe de Musicor ait proposé des pièces de Pagliaro à la grande majorité des chanteurs impliqués dans ce projet, Karim Ouellet, lui, a fait différemment. « Honnêtement, à part ses grands hits, je ne connaissais pas beaucoup Pagliaro, dit-il. J’ai donc dû me plonger dans son œuvre un peu plus sérieusement. J’ai fait un paquet de belles découvertes. J’ai fini par choisir une chanson qui n’avait pas été retenue. Dès que j’ai écouté Si tu voulais, j’ai senti que je pourrais bien me l’approprier. Elle me ressemblait. »

Par la suite, Karim Ouellet s’est attaqué en solitaire à cette chanson tapissée de sonorités électroniques. Cela dit, il a sollicité une petite aide de la part d’Élise Bégin (textures vocales) et de Thomas Lapointe (au mixage).

« Il a conservé la même mélodie, mais j’ai changé pas mal son essence », conclut-il. Le résultat ? Une sorte d’ambiance mi-soul, mi-rap qui caractérise bien le travail du chanteur en temps normal.

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Pag revisité, sous étiquette Musicor

Par : Patrice Michaud, Mara Tremblay et Sunny Duval, Alexandre Désilets, Galaxie, Joseph Edgar, The Seasons, Karim Ouellet, Rémi Chassé, Damien Robitaille ainsi que Fred Fortin.

Sortie le 6 novembre