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05/11/2015 02:08 EST | Actualisé 05/11/2015 03:09 EST

La disparition de l'atmosphère de Mars expliquée (VIDÉO)

L'un des plus grands mystères de notre système solaire vient d'être résolu. Les vents solaires ont fort probablement provoqué la disparition d'une grande partie de l'atmosphère de Mars dans la jeunesse de la planète rouge, montrent les analyses réalisées à l'aide des données recueillies par la sonde MAVEN (Mars Atmosphere and Volatile Evolution mission) lancée en 2013.

Ces analyses de la haute atmosphère martienne montrent notamment un taux d'échappement dans l'espace des flux de particules ionisées nettement accéléré (dix fois plus rapide que la normale) pendant une éruption solaire. Selon les chercheurs, cela donne une indication du mécanisme par lequel Mars a perdu une grande partie de son atmosphère et est devenu le grand désert aride d'aujourd'hui.

Ils estiment en effet que ces vents solaires devaient se produire plus fréquemment lors de lla formation du système solaire. Ainsi, les taux d'échappement dans l'espace des particules formant l'atmosphère de Mars était largement liés à cette activité du soleil.

Sans bouclier

L'une des principales raisons de la quasi-disparition de l'atmosphère de la planète voisine de la Terre réside dans la faiblesse de son bouclier magnétique, affirment les experts. Par exemple, celui de la Terre qui est beaucoup plus important, agit un peu comme le protecteur de son atmosphère.

D'autres analyses indiquent par ailleurs une plus grande densité d'oxygène atmosphérique qu'estimée jusqu'à maintenant.

Galerie photo Le tourisme sur Mars imaginé par un photographe Voyez les images

La NASA avait déjà procédé à une annonce importante en septembre, où elle annoncé avoir établi la présence d'eau liquide salée à sa surface lors des mois les plus chauds.

« Ceci est une avancée significative qui confirmerait que l'eau, sous forme de ruisseaux de saumure, coule aujourd'hui à la surface de Mars », a déclaré John Grunsfeld, administrateur adjoint de la NASA, lors d'une conférence de presse.

Les curieuses lignes qui entaillent les pentes de Mars pourraient en effet être des ruisseaux de saumure, une eau très fortement concentrée en sel, estiment des scientifiques dans une étude publiée lundi dans la revue Nature Geoscience. Ces résultats ont été obtenus grâce aux images fournies par l'agence spatiale américaine.

Les astrophysiciens émettent depuis longtemps l'hypothèse que ces traces saisonnières - repérées en 2011 - peuvent être formées par des écoulements de saumure sur la planète rouge.

« Mars n'est pas la planète sèche et aride que nous pensions qu'elle était. »

— Jim Green

Les scientifiques à l'origine de la découverte ont employé une nouvelle technique permettant de réaliser des analyses chimiques de la surface martienne en utilisant la sonde Mars Reconnaissance Orbiter.

Ils disent avoir trouvé la trace de sels qui ne se forment qu'en présence d'eau dans des chenaux qui courent le long de falaises situées dans la région équatorienne de la planète rouge.

L'eau, essentielle à la vie

« L'eau est essentielle à la vie telle que nous la connaissons. La présence d'eau liquide sur Mars aujourd'hui a des implications astrobiologiques, géologiques et hydrologiques et peut affecter la future exploration humaine », écrit l'auteur principal de l'étude, Lujendra Ojha, étudiant au Georgia Institute of Technology.

Cette découverte permettrait notamment de disposer de zones d'atterrissage pour des missions humaines, où l'eau pourrait être recueillie naturellement.

Lujendra Ojha et ses collègues ont créé un programme informatique capable d'étudier les pixels un par un. Leurs données ont ensuite été confrontées à des images haute définition des écoulements.

Les scientifiques ne sont pas sûrs de la provenance de cette eau, mais elle pourrait venir de glacier souterrain ou d'aquifère salin, ou même de la condensation de la fine atmosphère martienne.

Le « cycle de l'eau » sur Mars ne fonctionne pas comme sur Terre, où l'eau s'évapore et se condense dans l'atmosphère pour former les nuages, précise l'astrophysicien québécois Robert Lamontagne.