NOUVELLES
04/11/2015 08:38 EST | Actualisé 04/11/2016 01:12 EDT

Zimbabwe: trois journalistes au tribunal pour avoir mis en cause la police

Trois journalistes zimbabwéens ont comparu mercredi devant un tribunal de Harare pour "publication de fausses nouvelles", après avoir mis en cause des policiers et des responsables de parcs nationaux dans l'empoisonnement d'au moins 60 éléphants.

Le rédacteur en chef du Sunday Mail, Mabasa Sasa, son responsable des enquêtes Brian Chitemba et un reporter du journal, Tinashe Farawo, avaient été arrêtés lundi soir.

Arrivés menottés au tribunal, ils ont été libérés contre une caution de 100 dollars chacun.

Ils ont l'obligation de pointer au commissariat de police une fois par semaine et "de ne pas interférer avec les témoins", a déclaré le juge Tendai Mahwe.

L'audience de mercredi a uniquement été consacrée à leur demande de libération sous caution. Ils seront convoqués ultérieurement au tribunal pour être jugés sur le fond.

Inculpés de "publication de fausses nouvelles préjudiciables à l'Etat", ils risquent en théorie jusqu'à 20 ans de prison.

Le parquet s'est très vivement opposé à leur remise en liberté: "Les trois accusés ont sali l'image de la police du Zimbabwe et du pays (...) la publications de ces fausses nouvelles a fait subir à notre pays d'irréparables dommages", a argumenté le procureur.

Le Sunday Mail avait affirmé dimanche qu'un policier de haut rang ainsi que plusieurs de ses hommes faisaient l'objet d'une enquête, de même que plusieurs officiers des parcs nationaux et un homme d'affaires asiatique, pour l'empoisonnement d'au moins 60 éléphants au total dans plusieurs incidents.

La police a vigoureusement démenti toute implication dans cette affaire.

Loughty Dube, directeur de l'organisation non gouvernementale Voluntary Media Council of Zimbabwe (Conseil bénévole des médias du Zimbabwe), avait dénoncé mardi ces arrestations.

"C'est barbare dans une démocratie. C'est une violation de la Constitution, qui garantit la liberté d'expression", avait-il dit à l'AFP.

L'empoisonnement des points d'eau est une façon de tuer les éléphants pour ensuite prélever leurs défenses, revendues essentiellement sur le marché chinois pour fabriquer des objets d'art en ivoire.

Le braconnage d'éléphants dans les parcs du Zimbabwe devient de plus en plus fréquent et des employés des parcs ont déjà été arrêtés pour complicité.

Sur le continent africain, environ 30.000 éléphants sont massacrés chaque année, alors qu'il n'en reste qu'environ 470.000 en liberté, selon le dernier décompte de l'association Eléphants sans frontières.

rm/fj/cpb/pid/jlb