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04/11/2015 08:46 EST | Actualisé 04/11/2016 01:12 EDT

Val-d’Or : l’appel au calme de Couillard et les rappels des chefs autochtones

Le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, a qualifié de cordiale et productive, la rencontre qu'il a eue ce matin à Montréal avec les chefs autochtones de l'Assemblée des Premières Nations du Québec. Une rencontre qui a eu lieu dans la foulée des allégations d'agressions contre les femmes autochtones à Val-d'Or impliquant certains policiers de la Sûreté du Québec.

Sur la demande d'une commission d'enquête sur les femmes autochtones et leurs relations avec les services de police, M. Couillard a dit attendre le gouvernement fédéral avant de songer au même exercice au Québec. Il demande à Ottawa d'inclure le Québec dans le mandat de cette commission.

Le premier ministre en a profité pour rappeler au gouvernement Trudeau, encore en pleine séance d'assermentation, qu'Ottawa « s'est retiré d'une partie de son rôle  fiduciaire historique », notamment sur les territoires des Premières Nations.

Des mesures pour aider les communautés autochtones 

Appelant au calme, M. Couillard a annoncé « des investissements qui totalisent 6,1 millions de dollars » pour les communautés de Val-d'Or et a confirmé la nomination de Fannie Lafontaine, titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur la justice internationale pénale et les droits fondamentaux à l'Université Laval, comme observatrice du processus de l'enquête confiée au SPVM.

L'aide gouvernementale s'adresse entre autres au Centre d'amitié autochtone pour résorber le problème de logements. Le premier ministre a également évoqué d'autres mesures de soutien aux victimes.

Le centre de jour et de répit Chez Willie recevra une aide destinée au soutien de ses activités de même qu'au remboursement de l'hypothèque. De son côté, le Centre d'amitié autochtone de Val-d'Or, dirigé par madame Édith Cloutier, recevra une somme pour engager les ressources professionnelles dont il a besoin afin de maintenir la qualité des services à sa clientèle.

Et parmi les initiatives entreprises pour rétablir le lien de confiance entre policiers et autochtones, la SQ lance une enquête interne sur son fonctionnement en plus de la réorganisation de son unité de Val-d'Or.

Ce n'est pas assez, selon les chefs autochtones

Ghislain Picard, chef de l'Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador rejoint le premier ministre du Québec sur la nécessité d'une commission fédérale. Il souligne toutefois que le Québec doit jouer son rôle.

Poli, mais ferme, M. Picard a indiqué que « plusieurs chefs sont restés sur leur appétit par rapport à une enquête indépendante sur les agissements de la Sûreté du Québec ».

« Il semble y a avoir à l'intérieur de la Sûreté du Québec une culture qui s'exprime différemment lorsqu'il s'agit de nos peuples », a-t-il déclaré relayant le sentiment de certains Autochtones.