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04/11/2015 04:38 EST | Actualisé 04/11/2016 01:12 EDT

Trois partis saisissent la justice contre l'indépendantisme catalan

Trois partis opposés à la sécession de la Catalogne ont saisi mercredi la Cour constitutionnelle d'Espagne pour tenter d'empêcher le parlement régional catalan de lancer un processus d'indépendance unilatérale.

Dans une démarche commune sans précédent, les conservateurs, au pouvoir à Madrid, les socialistes, leurs adversaires traditionnels, et le parti libéral Ciudadanos, devenu la première force d'opposition aux indépendantistes en Catalogne, ont déposé chacun un recours devant la Cour Constitutionnelle pour demander la protection des libertés et des droits en Catalogne.

Les deux formations indépendantistes dans cette région du nord-est de l'Espagne veulent l'adoption au parlement régional, sans doute dès lundi, d'une résolution qui proclame "le début du processus de création d'un Etat catalan indépendant".

Le texte annonce que le parlement régional "ne se soumettra pas aux décisions des institutions de l'Etat espagnol, en particulier la Cour constitutionnelle, considérée comme illégitime et sans compétence".

Les indépendantistes ont remporté la majorité des sièges au parlement régional lors des élections régionales du 27 septembre, avec moins de 50% des voix.

"Nous demandons que le parlement de Catalogne (...) ne puisse pas approuver une résolution qui laisserait la Catalogne en marge de la légalité démocratique de ce pays", a expliqué Ines Arrimadas, chef de file de Ciudadanos en Catalogne, à sa sortie de la Cour.

Xavier Albiol, du Parti Populaire qui gouverne l'Espagne, a affirmé que son recours visait "à se défendre contre un acte de tyrannie".

Pour le chef du Parti socialiste de Catalogne (PSC), Miquel Iceta, les indépendantistes "prétendent fouler aux pieds les droits et les libertés" des Catalans en ignorant la majorité qui n'a pas voté pour eux en septembre.

Contrairement aux deux autres partis, le PSC n'a pas demandé à la Cour constitutionnelle de bloquer le vote de la résolution, parce qu'il ne croit pas que ce soit réaliste, a expliqué Miquel Iceta.

Le chef du gouvernement Mariano Rajoy a annoncé dans une conférence à Madrid qu'il demanderait à la Cour l'annulation de la résolution "le lendemain ou dans les jours qui suivront" son adoption.

"A ce moment là, le gouvernement n'agira pas seul, il trouvera à ses côtés beaucoup des Catalans qui n'acceptent pas un processus qui viole la loi de façon flagrante", a assuré M. Iceta.

Les recours attaquent les décisions du bureau et de la présidence du parlement catalan, qui ont accepté le vote sur la résolution des indépendantistes malgré les objections des partis d'opposition, sans respecter selon eux les délais prévus par le règlement du parlement.

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