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04/11/2015 01:06 EST | Actualisé 04/11/2016 01:12 EDT

Soudan du Sud: les belligérants s'accordent sur la répartition des troupes à Juba

L'armée gouvernementale sud-soudanaise et la rébellion se sont accordées sur la répartition des troupes autorisées à rester à Juba, une fois la capitale démilitarisée, une étape importante de l'accord de paix signé en août pour mettre fin à la guerre civile.

Les belligérants, qui continuent à s'affronter dans certaines régions malgré la signature de l'accord de paix le 26 août, se sont mis d'accord sur le volet sécuritaire de cet accord, mardi à Addis Abeba.

Un total de 4.830 soldats seront autorisés à rester dans Juba. Près des deux-tiers, soit 3.420 hommes, seront issus des rangs gouvernementaux, les autres, soit 1.410 hommes, venant du côté des rebelles.

Ces forces mèneront des missions conjointes de surveillance, ou seront réparties en unités dédiées à la police militaire et à la sûreté intérieure.

Les deux camps ont également convenu d'établir des unités conjointes de police à Juba, pour un total de 3.000 hommes répartis à part égale entre eux. Des forces de police comprenant 800 hommes seront également mises en place à Bentiu, Malakal et Bor.

Ces villes, capitales respectives des États d'Unité, du Haut-Nil et du Jonglei, sont en ruines après n'avoir cessé de tomber aux mains d'un camp puis de l'autre depuis le début de la guerre.

Le chef de la médiation conduite par l'organisation est-africaine Igad, Seyoum Mesfin, a assisté à la signature de ce compromis portant sur les arrangements sécuritaires.

La démilitarisation de Juba, tenue par le gouvernement, est une des clauses les plus importantes de l'accord de paix. Elle doit permettre le retour de l'ancien vice-président devenu chef des rebelles, Riek Machar, dans la capitale sud-soudanaise, où il doit partager le pouvoir avec le président Salva Kiir dans un gouvernement de transition.

Le pays a replongé dans la guerre depuis décembre 2013, sur fond de rivalité à la tête du régime de Juba entre MM. Kiir et Machar, qui a pris la tête d'une rébellion formée de mutins de l'armée sud-soudanaise et de milices tribales.

Un accord de paix, prévoyant un cessez-le-feu et un mécanisme de partage du pouvoir, a été conclu par MM. Kiir et Machar le 26 août. Mais régulièrement les deux camps s'accusent mutuellement de poursuivre les hostilités.

Le conflit a fait des dizaines de milliers de morts et chassé quelque 2,2 millions de Sud-Soudanais - un quart de la population - de leurs foyers.

Les combats sont accompagnés d'atrocités contre les civils - massacres ethniques, meurtres, viols de femmes et d'enfants, tortures, déplacements forcés, enrôlement d'enfants - attribuées aux deux camps.

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