DIVERTISSEMENT
04/11/2015 11:34 EST | Actualisé 04/11/2015 11:35 EST

«Seul comme un grand» de Mario Tessier : tout sur lui (PHOTOS)

David Kirouac

Un dynamique récit-fleuve, un marathon biographique, une personnalité diablement attachante et une incomparable présence sur scène : avec son premier one man show, Seul comme un grand, Mario Tessier prouve qu’il peut très bien faire route en solo et mettre le public dans sa poche. D’ailleurs, l’assistance qui emplissait le Théâtre St-Denis, mercredi, a réagi avec énormément d’enthousiasme à cet autoportrait grandeur nature de l’humoriste.

Avec le titre Seul comme un grand, Tessier marque bien la coupure avec l’univers des Grandes Gueules, dans lequel il a évolué avec son ami José Gaudet pendant plus de 20 ans. C’est littéralement sa propre histoire que raconte l’homme de 44 ans, de sa naissance – en fait, de l’accouchement de sa mère, imagé avec joyeux aplomb – à aujourd’hui.

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Le spectacle n’est pas scindé en anecdotes distinctes ; c’est réellement une longue tirade comique et pleine de clins d’œil amusants et bien songés que Mario déverse, sans enchaînements forcés, sans autre thème porteur que sa propre vie, sans personnages loufoques, si ce n’est que quelques imitations de gens qui ont jalonné son parcours personnel et professionnel (dont d’impayables Josélito Michaud et Éric Lapointe!)

Aussi, Seul comme un grand fait référence à un moment-charnière de la vie de Mario, un triste tournant. Car, si on rit beaucoup pendant cette visite-guidée dans l’album-souvenir de l’animateur de Ma mère cuisine mieux que la tienne, on est aussi happé à quelques reprises par l’émotion. Aux trois quarts de sa présentation, lorsqu’il évoque cette fameuse première fois où il s’est retrouvé seul comme un grand, un silence respectueux plane dans la salle. Mais l’atmosphère lourde ne dure qu’un court instant.

Forces armées et René Angélil

Pas tout à fait complètement seul dans ce nouveau chapitre de carrière, Mario Tessier s’est allié la collaboration d’un metteur en scène chevronné, un dénommé Serge Postigo, pour le guider dans sa prestation et envelopper celle-ci de fioritures visuelles, qui s’avèrent très, très réussies. Les tranches de vie de Mario sont entrecoupées de belles projections qui viennent supporter le propos, de notes de musique ou de pas de danse (parfois essoufflants!). Seul comme un grand est bien plus qu’une performance de stand up, c’est une fête dont le maître de cérémonie est Mario Tessier.

Entendons-nous : il faut (beaucoup) aimer Mario Tessier pour apprécier Seul comme un grand.

Mais on découvre aussi, dans ce spectacle, le remarquable talent de conteur d’un artiste qu’on connaissait jusqu’ici dans un tout autre créneau. On le savait aimable, on décèle maintenant chez lui un punch et une aisance à saisir la balle au bond dans à peu près n’importe quelle situation. Sans compter qu’on en apprend beaucoup sur son passé et son présent au fil du texte. Autrement dit, on apprend tout sur lui, ou presque.

Comme le fait qu’il a vu le jour – et la neige! – pendant la «tempête du siècle», le 20 février 1971. On s’imprègne de bribes de son enfance à Ville LaSalle, au sein d’une famille menée par un père aux idées de grandeur, capable d’acheter un camping et de s’approprier une rue - mention spéciale à sa description du Parc Belmont, un lieu «comme la Ronde, avec des manèges qui tenaient par la rouille et l’espoir». On plonge dans son adolescence un peu ingrate, portée par un éveil sexuel décevant et une acné bien voyante, et, surtout, sa rencontre avec José Gaudet, son «meilleur chum» depuis 32 ans. Son séjour dans les Forces armées canadiennes met ensuite la table à ses premiers pas dans le métier qui est aujourd'hui le sien.

Plus les tableaux avancent, plus les événements se précisent dans l’esprit du spectateur, car ils se rapportent à la vie publique de Mario et à son expérience à la radio en tandem avec José Gaudet.

Il est entre autres question de la poursuite de René Angélil intentée aux Grandes Gueules pour la chanson I’m Alive, rebaptisée par le duo A m’énarve. Oui, Angélil les a mis en demeure. «…Et je sais pas si t’as vu sa demeure…», hasarde Mario, la voix quasi tremblante. Quelques échantillons des personnages des Grandes Gueules et un karaoké kitsch parfaitement assumé viennent conclure ce sympathique collage.

En somme, l’être est rassembleur, la démarche est honnête et teintée de cœur et d’humilité. Mario Tessier prouve aujourd’hui qu’il est amplement assez grand pour poursuivre seul.

Mario Tessier proposera Seul comme un grand au Théâtre St-Denis, à Montréal, jusqu’à samedi, 7 novembre, avant de partir en tournée. Consultez son site officiel (www.mariotessier.ca) pour plus d’informations.