NOUVELLES
04/11/2015 06:26 EST | Actualisé 04/11/2016 01:12 EDT

Parfum de corruption à la Fédération internationale d'athlétisme

L'ex-patron de la Fédération internationale d'athlétisme (IAAF), Lamine Diack, a été mis en examen par des juges français. On le soupçonne de corruption passive dans une affaire de dopage impliquant des athlètes russes.

En d'autres termes, les plus hautes instances de la Fédération internationale d'athlétisme auraient camouflé des résultats de tests antidopages non conformes d'athlètes russes en échange d'argent.

Lamine Diack  a régné 15 ans sur l'IAAF. Il a été remplacé à la présidence par Sebastian Coë.  Diack demeure sous contrôle de la justice, mais il a pu sortir sans escorte policière du tribunal.

Son avocat Habib Cissé, a également été mis en examen, aussi pour corruption passive. Ni Diack ni Cissé n'avaient réagi mercredi après-midi.

Un médecin, Gabriel Dollé, qui était en charge de la lutte antidopage à la fédération jusqu'à la fin de 2014, était toujours en garde à vue à Nice.

Cette enquête judiciaire française, lancée cet été, ne fait que débuter et d'autres auditions devraient avoir lieu. Elle a commencé en août quand le parquet national financier a reçu un signalement de l'Agence mondiale antidopage (AMA) dont le siège est à Montréal.

Pour l'instant, ce sont les contrôles antidopages de "deux ou trois" athlètes russes qui sont concernés, a précisé à l'AFP une source proche du dossier. Mais les cas d'autres sportifs, pas uniquement russes, pourraient aussi l'être, a-t-on ajouté.

De source proche du dossier, les enquêteurs ont retrouvé des traces de faits de blanchiment en France, où Cissé est domicilié. Pour l'heure, les traces de mouvements de fonds concernent « des sommes conséquentes » mais « pas énormes », a ajouté la source sans plus de précision.

Après une rapide enquête préliminaire, le parquet national financier a confié le 1er octobre une information judiciaire à trois juges financiers, qui ont mis Diack en examen lundi.

Son fils, Pape Massata Diack, chargé de mission marketing au sein de l'IAAF, a dû quitter l'instance en décembre 2014, accusé d'être impliqué dans cette affaire de corruption visant à couvrir des cas de dopage en Russie.

Le trésorier de l'IAAF et président de la fédération russe, Valentin Balakhnichev, n'a pas non plus résisté au scandale. Il s'était mis en retrait de ses fonctions à l'IAAF.

Ces nouvelles mises en cause interviennent alors que la Russie est depuis près d'un an au centre des soupçons.

La chaîne allemande ARD avait déjà levé le voile sur des pratiques douteuses.

Diffusé en décembre 2014, un documentaire intitulé  « Dopage confidentiel: comment la Russie fabrique ses vainqueurs » accusait le pays de doper massivement ses sportifs. Il s'appuyait sur plusieurs témoignages, dont ceux de l'athlète Julia Stepanova, spécialiste du 800 m, actuellement suspendue pour dopage, et de son époux, Vitali Stepanov, qui a travaillé entre 2008 et 2011 pour la Rusada, l'agence russe de lutte contre le dopage.

L'Agence mondiale antidopage a mis en place en janvier une commission d'enquête afin de vérifier "scrupuleusement" les faits rapportés par la chaîne allemande.

Cette commission indépendante de trois membres doit rendre ses conclusions les 17 et 18 novembre, avant d'éventuelles sanctions.

Après le scandale qui a coûté son poste au président de la Fédération internationale de football (FIFA) Sepp Blatter, c'est un nouveau dossier de corruption qui ébranle le sport mondial.