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04/11/2015 14:57 EST | Actualisé 04/11/2016 01:12 EDT

ONU: le Soudan du Sud toujours en guerre, ravagé par des exactions

Meurtres, viols, et enlèvements sont toujours perpétrés au Soudan du Sud, où gouvernement et rebelles s'approvisionnent en armes en violation d'un accord de paix, selon un rapport d'experts de l'ONU obtenu par l'AFP mercredi.

"Aussi bien le gouvernement que l'opposition sont en train de renforcer activement leurs stocks d'armes et de munitions", écrivent les experts dans un rapport destiné au Conseil de sécurité.

Les experts se réfèrent à de "nombreux témoignages crédibles" parlant de "meurtres, viols, déplacements, villages incendiés et enlèvements de femmes et d'enfants" dans l'Etat d'Unité, dans le nord du pays. Plus de 50 cas de viols ont été dénoncés pour le seul mois d'octobre.

Les "forces gouvernementales ont tiré sur des civils qui fuyaient, incendié des maisons et enlevé des femmes et des enfants", selon les témoignages cités par les experts.

Une milice dirigée par le commandant rebelle Johnson Olony est "engagée dans le recrutement massif d'enfants soldats".

Aux exactions s'ajoute une crise humanitaire qui empire dans le plus jeune pays du monde, la famine menaçant désormais 3,9 millions de personnes, selon les experts.

Après une réunion sur la crise au Soudan du Sud, l'ambassadeur britannique à l'ONU Matthew Rycroft a assuré que le Conseil de sécurité était prêt à "adopter toutes les mesures nécessaires" contre ceux qui violent l'accord de paix.

Mais l'adoption d'éventuelles sanctions ou d'un embargo sur les armes devra passer par de nouveaux débats au Conseil de sécurité, où les vues "divergent" sur les prochaines étapes à suivre, a-t-il précisé.

La Russie et certains Etats d'Afrique ont freiné les appels à adopter des sanctions, expliquant que les différents acteurs avaient besoin de plus de temps pour se rallier à l'accord de paix.

"L'inquiétude face à la situation qui se détériore a régné aujourd'hui", a confié Matthew Rycroft, qui tient la présidence tournante du Conseil en novembre.

Le Soudan du Sud a proclamé son indépendance en juillet 2011, sous les auspices des Etats-Unis, avant de replonger deux ans et demi plus tard dans la guerre en raison de dissensions politico-ethniques, alimentées par la rivalité entre le chef de la rébellion Riek Machar, ancien vice-président et l'actuel chef d'Etat Salva Kiir.

Quelque 12.500 soldats et policiers ont été déployés par les Nations unies dans le pays, où les combats et les massacres ont provoqué une grave crise économique et humanitaire et déplacé plus de 2,2 millions de personnes.

cml/elc