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04/11/2015 09:15 EST | Actualisé 04/11/2016 01:12 EDT

Manifestation à Conakry contre les violences envers les femmes en Guinée

Une centaine de Guinéennes ont manifesté mercredi à Conakry pour protester contre l'impunité des auteurs de violences envers les femmes dans le pays, en réaction à la publication sur les réseaux sociaux de la vidéo d'un viol présumé, ont constaté des journalistes de l'AFP.

"Non, c'est non", "Respect aux femmes", "Ne touchez pas à nos soeurs", "Non à la violence faite aux femmes", "Justice pour les victimes", "Stop à l'impunité", pouvait-on notamment lire sur des banderoles ou pancartes brandies par les quelque 150 marcheuses répondant à l'appel d'un collectif baptisé "Touche pas à ma soeur", regroupant des personnalités et ONG.

La manifestation, encadrée par la police et la gendarmerie, s'est déroulée sans incident. Ses organisateurs ont formé le collectif à la suite de la publication, la semaine dernière d'une vidéo montrant l'agression sexuelle d'une jeune fille, filmée par son agresseur.

Cette vidéo "a été la goutte d'eau qui a fait déborder le vase" pour le collectif, qui réclame une tolérance zéro contre ce type d'agression, a déclaré à la presse une de ses porte-parole, Asmaou Barry.

La présidente d'une ONG de défense des droits des femmes, Moussa Yéro Bah, a dénoncé lundi une recrudescence des viols en Guinée "notamment en cette année 2015".

Elle a cité, outre celui de la vidéo, des cas à "Pita (centre) où une jeune fille a été violée par une dizaine de jeunes jusqu'à ce qu'elle décède, à Kagbèlen (périphérie de Conakry), où une gamine de 9 ans a été violée par son maître d'école coranique".

Dans le cadre de l'enquête ouverte à la suite de la diffusion de la vidéo, deux hommes, arrêtés le 29 octobre, ont été inculpés de complicité de viol lundi. Un mandat d'arrêt international a été émis contre le principal suspect, en fuite en Côte d'Ivoire, selon les autorités.

Selon la police, l'un des complices présumés l'aurait aidé à fuir et l'autre lui aurait prêté l'hébergement où l'agression sexuelle a été commise, en juillet.

Les trois hommes évoluent dans le milieu de la musique et ont une certaine notoriété en Guinée.

"Les présumés complices sont tous aux arrêts. Le présumé auteur a pu s'échapper pour la Côte d'Ivoire. J'ai donné des instructions hier (mardi) un mandat d'arrêt international a été lancé" contre lui, a confirmé aux manifestantes le ministre de la Justice, Cheick Sako, devant la presse.

"Il semble contester les faits", a indiqué M. Sako "Il faut qu'il vienne de lui-même s'expliquer devant la Justice. Parce que s'il ne vient pas, partout où il ira, on ira le chercher!", a-t-il déclaré.

"Aucune plainte ne sera classée sans suite quand ça touche les problèmes de viol ou de violences", a assuré le ministre.

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