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04/11/2015 00:36 EST | Actualisé 04/11/2016 01:12 EDT

Le président égyptien défend son action avant son arrivée à Londres

Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi a défendu son action sécuritaire mercredi dans une interview à la BBC, juste avant une visite à Londres qui soulève des protestations au Royaume-Uni.

"Au cours des cinq dernières années, nous avons vécu dans une situation de révolution. Nous voulons de la stabilité, nous ne voulons pas faire cela par la force ou la répression (...) mais l'Égypte fait face à des problèmes monumentaux", a déclaré le président égyptien à la BBC.

Depuis la destitution du président islamiste Mohamed Morsi en 2013, plus de 1.400 manifestants réclamant son retour ont été tués, plus de 15.000 Frères musulmans et sympathisants emprisonnés et des centaines condamnés à mort dans des procès de masse expéditifs vivement dénoncés par l'ONU.

De même, les manifestations des jeunes libéraux et laïcs qui avaient mené la révolte contre l'ancien président Hosni Moubarak ont été sévèrement réprimées et leurs leaders emprisonnés.

"Ces arrestations ont été faites dans le cadre de la loi. Ce ne sont pas des détentions illégales", a soutenu M. Sissi.

"Il y a une véritable feuille de route pour la démocratie en Égypte", a également assuré le président égyptien, qualifiant les récentes élections législatives, marquées par un faible taux de participation, de "transparentes".

Le président égyptien a quitté mercredi matin le Caire pour le Royaume-Uni, où il est attendu pour une visite de trois jours lors de laquelle il doit évoquer des questions de coopération en matière de sécurité avec le Premier ministre britannique David Cameron qu'il rencontrera jeudi à Downing Street.

L'organisation pacifiste Stop the War a appelé à une manifestation mercredi en fin d'après-midi à Londres pour protester contre cette visite.

"L'arrivée du président Sissi au Royaume-Uni est un test clé pour savoir si David Cameron est préparé à faire plus que dérouler le tapis rouge aux leaders autoritaires", a déclaré la directrice d'Amnesty International pour le Royaume-Uni, Kate Allen.

"Nous voulons que David Cameron soulève les questions des droits de l'Homme dans ses discussions avec le président Sissi", a-t-elle ajouté, évoquant les "horribles condamnations à mort de masse", les "procès iniques" et les "milliers de détenus".

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