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04/11/2015 14:33 EST | Actualisé 04/11/2016 01:12 EDT

Le libéral Trudeau en rupture avec une décennie de conservateurs au Canada

Le tout nouveau Premier ministre canadien Justin Trudeau, en prenant ses fonctions mercredi, a voulu marquer une rupture avec une décennie de pouvoir conservateur, par la simplicité et une proximité avec le public.

Trente et un ans après la fin du mandat de son père, Pierre Elliott, M. Trudeau a dès son premier jour envoyé un message clair avec un gouvernement où siègent autant de femmes que d'hommes.

Une ministre d'origine afghane, échappée du régime des talibans en 1996, une autochtone ministre de la Justice, un sikh et ancien militaire à la Défense ou encore un ancien chef de bus d'origine indienne ministre des Infrastructures, le nouveau gouvernement canadien est riche de sa diversité.

"Nous sommes en 2015" et le conseil des ministres "est le reflet du Canada dans sa magnifique diversité", a déclaré Justin Trudeau.

Rompant avec une tradition un peu austère, Justin Trudeau, accompagné de son épouse Sophie et de ses 30 ministres, avait remonté à pied la longue allée le menant à la résidence du Gouverneur général David Johnston, représentant de la reine Elizabeth II, chef d'État en titre.

Acclamé par une foule nombreuse sous le soleil et à l'arrivée au seuil de la résidence, les trois enfants du couple Trudeau --Xavier, Ella-Grace et Hadrien--, ont couru vers leurs parents, le Premier ministre prenant dans ses bras le petit dernier, un peu espiègle devant les caméras.

"Just in Time, Justin" (Juste à temps, Justin) avait écrit sur une pancarte Robert Boisvert, retraité. "Après dix ans de conservateurs au pouvoir, c'est historique qu'il y ait un changement de gouvernement, un gouvernement un peu moins secret", a confié M. Boisvert à l'AFP.

- geste fort -

A peine investi, le nouveau chef de gouvernement a tracé les grandes lignes de son action avec une mise en place rapide de quelques promesses de campagne comme "baisser les impôts des classes moyennes en demandant au 1% des Canadiens les plus riches de payer un peu plus".

A l'issue du premier conseil des ministres, Dominic LeBlanc chargé au gouvernement des relations avec le Parlement, a indiqué que la Chambre des communes reprendrait ses travaux le 3 décembre avec le lendemain le discours du trône (politique générale du Premier ministre).

"Les mesures fiscales seront en place pour le 1er janvier", a indiqué Dominic LeBlanc.

A 43 ans, Justin Trudeau est devenu le 23e Premier ministre du Canada dans un style moins formel que son prédécesseur Stephen Harper qui avait présenté sa démission tôt mercredi à David Johnston.

Toujours en droite ligne de ses promesses de campagne, M. Trudeau a présenté un gouvernement de 30 ministres (9 de moins que le dernier gouvernement conservateur), avec une forte représentativité des provinces de l'Ontario et du Québec. M. Trudeau s'est réservé les portefeuilles de la Jeunesse et des Affaires intergouvernementales (chargé des relations du gouvernement fédéral avec les provinces).

Dans un geste fort, il a nommé pour la première fois une autochtone à la Justice, l'ex-procureure Jody Wilson-Raybould. Cette nomination est lourde de sens car le gouvernement sortant a toujours refusé une commission d'enquête sur les disparitions ou les meurtres inexpliqués de quelque 1.200 femmes autochtones depuis 1980. Cette enquête, promesse de campagne de M. Trudeau, devrait être une des premières mesures de Mme Wilson-Raybould.

Autre symbole, le libellé du ministère de l'Environnement est complété par celui de Changement climatique, un portefeuille revenant à Catherine McKenna, avocate internationale. Elle sera début décembre à Paris à la conférence de l'ONU sur le climat (COP21), après une décennie de désengagement du Canada dans la lutte contre le réchauffement de la planète.

"Le Canada va être un acteur fort et positif sur la scène internationale, notamment à la COP21 de Paris", a assuré M. Trudeau, promettant que son pays "assumera sa responsabilité" pour lutter contre le réchauffement climatique.

Stéphane Dion a hérité du portefeuille des Affaires étrangères. Il avait été ministre libéral de l'Environnement avant l'arrivée des conservateurs, qui avaient décidé de sortir le Canada du protocole de Kyoto.

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