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04/11/2015 08:11 EST | Actualisé 04/11/2016 01:12 EDT

Le Danemark veut empêcher les prisonniers extrémistes de faire des adeptes

Le Danemark va séparer les prisonniers extrémistes des autres susceptibles de se laisser convaincre par leurs opinions politiques radicales, a annoncé le gouvernement mercredi.

La mesure a été annoncée neuf mois après les attentats de Copenhague, commis par un Danois d'origine palestinienne dont le parcours laisse penser qu'il a été converti à l'idéologie jihadiste en prison.

"Ceux qui ont des convictions radicales représentent une véritable menace pour notre sécurité", a affirmé dans un communiqué le ministre de la Justice, Søren Pind.

Il a estimé "tout à fait inacceptable que des prisonniers rallient leurs codétenus à des milieux extrémistes au moment où ils purgent une peine".

Deux projets de loi sur le sujet doivent être présentés au Parlement par le gouvernement libéral minoritaire en décembre.

L'un autorisera l'administration pénitentiaire à séparer les détenus extrémistes des autres "susceptibles d'être radicalisés". L'autre facilitera l'échange de renseignements entre administrations sur les personnes montrant des signes de radicalisation.

Sans être complètement isolés, les extrémistes seraient placés dans des groupes où les autres n'ont "pas de risques" d'épouser leurs opinions, a expliqué une porte-parole du ministère à l'AFP.

Le profil d'Omar El-Hussein, l'auteur des attentats de Copenhague le 14 février, avait poussé le Danemark à examiner sa prévention de l'extrémisme en prison.

Le jeune homme de 22 ans, délinquant multirécidiviste condamné à de la prison ferme pour une agression au couteau, avait été signalé par l'administration pénitentiaire comme pouvant devenir un extrémiste islamiste.

Deux semaines après sa libération, il tuait un réalisateur en marge d'un débat sur la liberté d'expression et un juif qui montait la garde à l'extérieur de la synagogue de Copenhague, commettant deux assassinats qui rappelaient les attentats de Paris en janvier, avant d'être tué par la police.

Il n'était pas spécialement surveillé par les services de sécurité danois (PET), qui ont affirmé ultérieurement n'avoir eu "aucune raison" de soupçonner qu'il préparait de tels attentats.

Selon les analystes du PET, au moins 125 personnes ont quitté le Danemark depuis l'été 2012 pour combattre en Syrie et Irak, dont au moins 27 ont été tuées.

Même si de moins en moins de personnes partent, ceux qui le font sont de plus en plus jeunes, restent de plus en plus longtemps, et rejoignent de plus en plus les rangs de l'organisation État islamique, d'après eux.

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