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04/11/2015 00:35 EST | Actualisé 04/11/2016 01:12 EDT

La Turquie ferait un "bond en avant" avec un président fort, dit le porte-parole d'Erdogan

La Turquie ferait "un bond en avant" si un système présidentiel très controversé voulu par le président islamo-conservateur Recep Tayyip Erdogan était adopté après son triomphe aux élections législatives de dimanche, a déclaré mercredi son porte-parole.

"Notre opinion est claire, un système présidentiel permettrait à la Turquie de faire un bond en avant", a estimé Ibrahim Kalin devant la presse en laissant entendre que la question pourrait être soumise à référendum

Chef du gouvernement pendant onze ans (2003-2014), l'homme fort du pays ne fait pas mystère de sa volonté de garder les rênes de la Turquie.

Depuis son élection à la présidence de la République en août 2014, M. Erdogan, 61 ans, plaide pour une réforme de la Constitution et la mise en place d'un système qui transférerait l'essentiel du pouvoir exécutif du Premier ministre au chef de l'Etat.

Lors des législatives du 7 juin dernier, son projet de réforme avait été largement désavoué par les électeurs, au point de priver son Parti de la justice et du développement (AKP) de la majorité absolue qu'il détenait depuis 2002.

Lors du scrutin de dimanche, l'AKP a regagné le contrôle exclusif du Parlement en totalisant 49,4% des suffrages et 317 sièges de députés.

Cette majorité absolue est toutefois insuffisante pour faire passer une réforme de la Constitution (il faut la majorité des deux tiers, soit les voix d'au moins 367 des 550 députés) et même pour lancer un référendum constitutionnel (330 voix requises).

M. Kalin a toutefois suggéré que le président était favorable à une consultation populaire. "Nous consulterons le peuple, comme nous l'avons fait par le passé. Nous rechercherons les conseils de notre peuple. Si le mécanisme pour y parvenir est un référendum, alors ce sera le cas", a-t-il indiqué.

Son porte-parole a souligné la popularité de M. Erdogan, jugeant qu'il avait déjà "posé sa marque dans l'Histoire". "Sa place est grande dans le coeur de notre peuple", a-t-il ajouté.

L'opposition s'oppose fermement à toute réforme de la Constitution et accuse déjà le chef de l'Etat d'outrepasser ses actuelles prérogatives constitutionnelles.

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