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04/11/2015 05:47 EST | Actualisé 04/11/2016 01:12 EDT

La Suède va demander à l'UE de relocaliser une partie de ses migrants

La Suède va demander à ses partenaires européens la relocalisation d'une partie des dizaines de milliers de migrants arrivant chaque mois sur son sol, a annoncé mercredi le Premier ministre.

"Le gouvernement exige une répartition des réfugiés de Suède" et leur accueil dans d'autres États membres, a écrit Stefan Löfven dans un courriel dont l'AFP a obtenu une copie.

"La Suède a pendant longtemps pris une large responsabilité par rapport aux autres pays de l'UE et nous sommes désormais dans une situation extrêmement tendue. Il est temps que d'autres pays prennent leur responsabilité", a-t-il expliqué.

La présentation d'une demande formelle en ce sens auprès de la Commission européenne sera votée jeudi en Conseil des ministres.

M. Löfven, qui s'est entretenu mercredi à Stockholm avec le président du Conseil européen Donald Tusk, n'a pas précisé le nombre de réfugiés qu'il souhaiterait voir accueillis ailleurs.

Mais la Suède va demander à bénéficier du plan européen visant à répartir 160.000 migrants à partir de "hotspots", des centres où ils sont identifiés et enregistrés à leur arrivée en Italie et en Grèce.

Stockholm estime en effet "mériter" une partie du quota de 54.000 personnes auquel la Hongrie a renoncé en s'excluant de ce mécanisme, selon M. Löfven.

"Nous avons atteint un point où nous ne pouvons plus accueillir les personnes dans les conditions que nous souhaiterions", a-t-il insisté.

M. Tusk a apporté un soutien appuyé à la démarche suédoise au nom de la "solidarité et de la responsabilité" entre États membres.

"La Suède est le premier pays concerné en Europe en termes de réfugiés et demandeurs d'asile par habitant. Grâce à la réserve (de quotas) libérée par la décision de la Hongrie, la Suède peut légitimement prétendre à notre soutien", a-t-il déclaré au cours d'une conférence de presse conjointe.

Le royaume scandinave attend jusqu'à 190.000 réfugiés cette année, un chiffre qui rapporté à sa population correspondrait pour l'Allemagne à l'arrivée de 1,6 million de personnes.

Paradoxalement, la Suède avait été le premier pays à recevoir des demandeurs d'asile déplacés par l'Union européenne, 19 Érythréens arrivés d'Italie le 9 octobre. Les centres d'accueil suédois pour demandeurs d'asile étaient pourtant alors près d'afficher complet.

Fervent avocat d'une ouverture des frontières de l'UE aux migrants fuyant la violence en Syrie ou en Afghanistan, le Premier ministre social-démocrate a souligné que son pays était "aux limites de ses capacités d'accueil".

Le gouvernement et l'opposition se sont mis d'accord fin octobre sur une série de mesures destinées à endiguer l'afflux de demandeurs d'asile. Il prévoit de délivrer des permis de séjours provisoires plutôt que permanents à certains demandeurs, de relever les conditions de ressources exigées au titre du regroupement familial, et d'accélérer les demandes et la reconduite à la frontière des déboutés.

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