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04/11/2015 18:00 EST | Actualisé 04/11/2016 01:12 EDT

La Croatie, une des principales portes d'entrée vers l'Europe du Nord

La Croatie, république de l'ex-Yougoslavie organisant dimanche des élections législatives, est l'un des principaux pays de transit de l'actuel flux migratoire vers le Nord de l'Europe.

Si elle conquiert au Parlement la majorité actuellement détenue par les sociaux-démocrates, l'opposition de droite conservatrice HDZ promet de durcir sa politique aux frontières et de renforcer sa coopération avec les pays du "groupe de Visegrad" (Hongrie, Pologne, République tchèque, Slovaquie), opposés au système de quotas de répartition des migrants proposé par Bruxelles.

- Une porte vers l'Europe du Nord -

Plus de 312.000 migrants ont transité depuis la mi-septembre par la Croatie, qui compte 4,2 millions d'habitants.

Le phénomène a commencé après la décision de la Hongrie de fermer aux réfugiés sa frontière avec la Serbie.

Depuis cette date, Zagreb reproche à ses voisins serbes de diriger le flux migratoire vers sa frontière, provoquant même l'inquiétude de l'UE, dont la Croatie est devenue le 1er juillet 2013 le 28e et dernier membre.

La tension entre Croatie et Serbie n'avait pas atteint un tel niveau depuis la guerre engendrée en 1991 par l'éclatement de l'ex-Yougoslavie.

- Le poids de l'Histoire -

Pays de l'Europe du Sud-Est s'étendant des plaines de la Panonie au nord jusqu'au littoral de la mer Adriatique au sud - elle possède 1.185 îles -, la Croatie est bordée par la Slovénie (nord-ouest), la Hongrie (nord-est), la Serbie (est), la Bosnie-Herzégovine (sud et est) et le Monténégro (sud). Elle se partage également la mer Adriatique avec l'Italie.

Près de 90% de sa population est catholique.

A partir du XVIe siècle, une grande partie de la Croatie actuelle passa sous la coupe des Habsbourg, alors que la côte dalmate resta sous la domination de Venise jusqu'au XVIIIe siècle. A la fin de la Première guerre mondiale, en 1918, la Croatie proclame son rattachement au royaume des Serbes, Croates et Slovènes, qui sera rebaptisé plus tard (1929) le Royaume de Yougoslavie et existera jusqu'à l'occupation nazie en 1941.

En 1941, la Croatie forme un Etat indépendant (NDH) pro-nazi, sous la direction du nationaliste Ante Pavelic. En 1945, elle devient l'une des républiques de la Fédération yougoslave. La proclamation par la Croatie de son indépendance de l'ancienne Fédération yougoslave, en 1991, entraîne une guerre contre les Serbes de Croatie, soutenus par Belgrade, qui refusent cette indépendance.

Le conflit, qui a coûté la vie à 20.000 personnes, s'est achevé en 1995. Avec son Union démocratique croate (HDZ), le nationaliste Franjo Tudjman a dirigé la Croatie pendant toute la guerre et jusqu'à sa mort, en décembre 1999, conduisant le pays à l'isolement.

Après sa mort, les législatives portent au pouvoir une coalition de centre-gauche (2000-2003). Le centriste Stipe Mesic est élu en février 2000 à la présidence. Il donne au pays un objectif européen et est réélu en 2005. Le social-démocrate Ivo Josipovic, troisième président croate depuis la proclamation d'indépendance, lui succède en janvier 2010.

Entre 2003 et fin 2011, le pays est de nouveau dirigé par le HDZ. Un nouveau gouvernement de centre-gauche a été investi en décembre 2011 mais, en janvier 2015, Mme Grabar Kitarovic (HDZ) a gagné la présidentielle face au candidat de la gauche Ivo Josipovic, devenant par là même la première femme présidente de Croatie.

- Une économie en très légère amélioration -

L'économie locale est en récession quasi permanente depuis la crise de 2008-2009, même si un retour à la croissance (1%) est attendu pour 2015.

Le taux de chômage, qui s'établissait à 19,2% en 2014, connaît lui aussi une légère amélioration, avec un taux de 15,4% en septembre 2015, le chômage chez les jeunes (15-24 ans) restant très préoccupant (aux alentours de 40%).

Le tourisme constitue l'une des principales ressources du pays, grâce à la côte Adriatique (entre 15% et 20% du PIB).

MONNAIE: kuna (HRK).

PIB: 52,46 milliards d'euros en 2014 (Banque mondiale).

PIB/habitant: 11.937 euros en 2014 (Banque mondiale).

DETTE PUBLIQUE: 85,1% DU PIB (FMI).

CHÔMAGE: 15,4% (septembre 2015, Eurostat).

SALAIRE MOYEN MENSUEL: 5.532 kuna, soit 737 euros (octobre 2014, Institut national des statistiques, DZS).

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