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04/11/2015 10:26 EST | Actualisé 04/11/2016 01:12 EDT

L'avion russe qui s'est écrasé en Égypte pourrait avoir été abattu par une bombe

LONDRES — Des preuves suggèrent que l'écrasement d'un avion russe dans le désert du Sinaï, en Égypte, a pu avoir été causé par une bombe, a indiqué le gouvernement britannique, mercredi, annonçant du même coup qu'il suspendait tous les vols passant par la péninsule du Sinaï par mesure de précaution.

Le bureau du premier ministre David Cameron a affirmé que les experts britanniques de l'aviation se rendraient dans la zone touristique de Charm el-Cheikh — d'où l'avion quittait, samedi — pour évaluer s'il est sécuritaire que les appareils britanniques survolent la région.

Aucun vol britannique n'avait prévu aller vers Charm el-Cheikh, mercredi, mais plusieurs autres étaient censés quitter.

Le bureau de M. Cameron a ajouté qu'il ne pouvait pas dire avec certitude comment l'appareil russe avait pu s'écraser. Or, avec les nouvelles informations, les autorités évoquent de plus en plus la thèse de l'explosif.

Le comité de gestion de crise du gouvernement britannique s'est réuni, mercredi, pour examiner la situation. Le bureau du premier ministre a révélé que M. Cameron avait rencontré le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi pour discuter de la question de la sécurité à l'aéroport de Charm el-Cheikh. Le président égyptien est arrivé au Royaume-Uni, mercredi, pour une visite officielle.

M. al-Sissi a soutenu que la situation était «sous contrôle» dans la péninsule du Sinaï et que la revendication de la responsabilité du drame par le groupe armé État islamique (ÉI) était de la «propagande» visant à entacher la réputation de l'Égypte.

Le ministre des Transports Patrick McLoughlin a indiqué que les experts britanniques avaient été déployés pour «s'assurer que les bonnes mesures de sécurité étaient en place pour les vols».

«C'est quand cette évaluation sera complétée que nous permettrons aux vols prévus là-bas ce soir de partir», a-t-il indiqué.

L'appareil Airbus A321-200, du transporteur aérien russe Metrojet, avait à son bord principalement des touristes russes qui quittaient Charm el-Cheikh pour retourner vers Saint-Pétersbourg.

L'avion survolait la péninsule du Sinaï à une altitude d'environ 9450 mètres quand il s'est écrasé, 23 minutes seulement après avoir décollé de l'aéroport égyptien, tuant les 224 passagers et membres de l'équipage.

Douglas Barrie, un expert de l'aérospatiale militaire de l'Institut international des études stratégiques à Londres, a souligné qu'il était encore trop tôt pour être certains de la cause de l'accident, mais il estime que le gouvernement britannique a bien fait de clouer au sol ses avions.

Le site de l'écrasement, à quelque 70 kilomètres au sud de la ville d'el-Arish, est situé dans le nord du Sinaï, une région secouée par les affrontements entre les forces de sécurité et les combattants locaux du groupe armé ÉI.

Metrojet et le gouvernement russe ne s'entendent pas sur ce qui a pu causer l'accident. Les représentants de Metrojet ont expliqué que l'écrasement avait été causé par un «impact externe» et non un problème technique ou une erreur des pilotes, alors que les autorités russes ont dit qu'il était encore trop prématuré pour tirer des conclusions.

Selon des sources américaines interrogées par l'Associated Press, des satellites américains ont détecté de la chaleur autour de l'avion russe avant qu'il ne s'écrase. L'activité infrarouge détectée peut être due à plusieurs facteurs, y compris une bombe ou un moteur qui exploserait en plein vol en raison d'une défaillance.