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04/11/2015 05:35 EST | Actualisé 04/11/2015 05:36 EST

Keystone XL: Washington rejette la demande de TransCanada de suspendre le projet

ASSOCIATED PRESS
FILE - In this Feb. 1, 2012 file photo, miles of pipe for the stalled Canada-to-Texas Keystone XL pipeline are stacked in a field near Ripley, Okla. An Associated Press review of every cross-border pipeline application since 2004 shows that the Keystone review has been anything but ordinary. The company hoping to build Keystone has been waiting for a decision for nearly 7 years — or more than five times the average. (AP Photo/Sue Ogrocki, File)

Les Etats-Unis ont réaffirmé mercredi qu'ils poursuivront leur étude du projet controversé d'oléoduc transfrontalier avec le Canada, Keystone XL, rejetant ainsi la requête lundi de la société TransCanada de suspendre le dossier qui traîne depuis des années.

Le porte-parole du département d'Etat a indiqué que son administration avait répondu ce mercredi au courrier adressé en début de semaine à son ministre John Kerry par l'opérateur d'oléoducs TransCanada.

"Nous avons communiqué notre décision de continuer notre étude (du projet) et nous l'avons communiqué par écrit à TransCanada", a déclaré John Kirby lors de son point de presse, confirmant ce que le département d'Etat avait déjà dit mardi.

"Nous ne sommes pas tenus de faire une pause, fondée sur la requête du demandeur. Il n'y a pas de fondement juridique à cela", a expliqué le porte-parole. "Il n'y a pas d’obligation de marquer une pause (...) Beaucoup de travail a été fait jusqu'ici et le secrétaire d'Etat veut que ce travail continue", a-t-il insisté.

TransCanada avait écrit lundi à John Kerry pour lui demander "d'interrompre l'étude de la demande de permis présidentiel" déposée par la société canadienne en 2008. TransCanada justifiait cette suspension par le dépôt, le 5 octobre, d'un dossier auprès des autorités du Nebraska requérant l'approbation du tracé de l'oléoduc dans cet Etat.

Cette requête a été faite la semaine de l'entrée en fonctions du nouveau Premier ministre canadien, Justin Trudeau, qui, sans être opposé à Keystone XL, s'est déclaré plus soucieux des enjeux environnementaux et climatiques que son prédécesseur Stephen Harper, ardent défenseur de l'oléoduc.

Fin octobre, John Kerry avait souligné que la victoire du Parti libéral de Justin Trudeau n'influencerait pas la décision à venir de Washington.

Le projet Keystone XL, long de 1 900 kilomètres, dont 1 400 aux Etats-Unis, vise à transporter le pétrole canadien des sables bitumineux de l'Alberta jusqu'au centre des Etats-Unis, dans le Nebraska, d'où il pourra rejoindre les raffineries américaines du golfe du Mexique.

Aucun dossier environnemental n'est plus emblématique du fossé idéologique qui existe aux Etats-Unis sur l'énergie et l'environnement.

Pour les conservateurs, et quelques démocrates des régions concernées, le chantier est synonyme d'emplois et d'indépendance énergétique. Les démocrates, à l'inverse, appellent le président américain Barack Obama à refuser le permis de construire au nom de la lutte contre le changement climatique et de la protection de l'environnement.

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