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04/11/2015 07:37 EST | Actualisé 04/11/2016 01:12 EDT

Israël diffère la destruction d'une synagogue par crainte des représailles

La justice israélienne a annoncé mercredi accepter de différer la démolition d'une synagogue construite illégalement dans une colonie de Cisjordanie occupée, devant le risque d'actes de vengeance de colons ou de juifs dans un climat de tensions déjà exacerbées.

La synagogue ainsi qu'une école talmudique adjacente construites au cours des 20 dernières années dans la colonie de Givat Zeev, au nord-ouest de Jérusalem, étaient censées être détruites d'ici à jeudi parce qu'elle ont été bâties de manière illicite sur des terres privées palestiniennes.

La police israélienne avait cependant demandé à la Cour suprême de consentir un report. Dans sa requête, la police invoquait la vague de violences qui parcourt Jérusalem et la Cisjordanie depuis le 1er octobre et le danger dans un tel contexte d'actes de représailles de la part de juifs radicaux.

Ces inquiétudes ont été confortées par la mobilisation de dizaines de juifs et de colons qui se sont retranchés mercredi dans la synagogue, apparemment prêts à s'opposer physiquement à la destruction, a constaté un photographe de l'AFP.

La Cour suprême a indiqué avoir accepté un sursis jusqu'au 17 novembre.

Cette affaire est représentative des querelles constantes de propriété entre Palestiniens et colons israéliens sur des terres situées dans les Territoires palestiniens occupés par Israël.

C'est la justice israélienne qui est appelée à trancher. En l'occurrence et comme souvent, elle était saisie par un particulier palestinien soutenu par une organisation israélienne de défense des droits des Palestiniens face à l'occupation.

Le Palestinien se disait propriétaire des terrains et réclamait la démolition des bâtiments. Il a obtenu gain de cause.

Pour les autorités israéliennes, le dossier est délicat parce qu'il touche aux sentiments religieux et que les tensions entre colons et Palestiniens sont particulièrement vives. La destruction sur ordre des juges de deux bâtiments en construction à Beit El, colonie proche de Ramallah, avait donné lieu fin juillet à des heurts entre colons et forces israéliennes.

Malgré l'annonce simultanée par le Premier ministre Benjamin Netanyahu du lancement immédiat de la construction de 300 logements à Beit El, la destruction des deux maisons passe pour avoir exaspéré les colons radicaux.

Le 30 juillet, un incendie criminel attribué à des extrémistes israéliens avait causé la mort d'un bébé palestinien de 18 mois et de ses parents. Le choc causé par ce crime est considéré comme l'un des éléments déclencheurs de la vague de violences actuelle.

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