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04/11/2015 06:57 EST | Actualisé 04/11/2016 01:12 EDT

GB: les opérateurs internet devront conserver les données de connexion pendant un an

Le gouvernement britannique a présenté mercredi un projet de loi sur le renseignement destiné à actualiser les techniques d'interception des communications, qui oblige notamment les opérateurs internet à conserver les données de connexion de leurs clients pendant un an.

"L'internet a apporté d'énormes opportunités (...) mais l'ère digitale présente aussi des défis. Les avantages dont nous bénéficions sont exploités par le crime organisé, des fraudeurs en ligne et des terroristes", a déclaré la ministre de l'Intérieur, Theresa May, en dévoilant le projet législatif devant le Parlement.

Si le texte est adopté, les opérateurs internet devront conserver pendant un an les donnés de connexions personnelles. C'est la mesure la plus controversée et elle permettra aux services de renseignement de savoir qui s'est connecté quand à quel service et à partir de quel terminal lors des douze derniers mois.

Le texte prévoit ainsi un accès partiel à l'historique de navigation des internautes pour voir quels sites ont été consultés, mais pas quelles pages de ce site.

Pour accéder au contenu des messages et des échanges en ligne, un "double verrou" sera mis en place, selon lequel les autorités se verraient contraintes d'obtenir un mandat validé à la fois par le ministère et un juge. Actuellement, ces mandats sont délivrés uniquement par le ministère de l'Intérieur.

Mais des exceptions sont prévues pour les "cas urgents", nécessitant une intervention sans délai.

Ce nouveau dispositif intervient dans un contexte d'inquiétude au Royaume-Uni face à la menace d'attaques de groupes comme l'organisation État islamique (EI), qui utilisent massivement internet et les réseaux sociaux, notamment pour tenter de recruter des jihadistes.

Mais les organisations de défense des libertés individuelles ont exprimé leur préoccupation quant aux éventuels abus que pourraient entraîner ces nouvelles prérogatives. "Ce texte constitue une attaque terrible sur la liberté de chaque femme, de chaque homme et de chaque enfant de ce pays", a déploré Shami Chakrabarti, directeur de l'association Liberty.

Le projet de loi doit être examiné par une commission parlementaire qui pourra l'amender avant qu'il ne soit débattu en plénière.

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