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04/11/2015 09:19 EST | Actualisé 04/11/2016 01:12 EDT

France: perquisition chez Jean-Marie Le Pen, ex-leader de l'extrême droite soupçonné de fraude fiscale

Des perquisitions ont visé mercredi les bureaux et le domicile en région parisienne de l'ex-leader de l'extrême droite française, Jean-Marie Le Pen, dans le cadre d'une enquête sur des faits présumés de blanchiment de fraude fiscale, selon des sources proches du dossier.

Le patriarche de 87 ans, exclu cet été du Front national (FN), le parti qu'il a cofondé et que dirige désormais sa fille Marine, a immédiatement dénoncé une "violence judiciaire injustifiée".

L'enquête visant Jean-Marie Le Pen, qui est eurodéputé, avait été ouverte en juin. Elle porte sur des faits présumés de blanchiment de fraude fiscale et d'omission de déclaration de patrimoine, à laquelle sont astreints les parlementaires, selon une source judiciaire.

Elle est consécutive à des signalements provenant notamment de la cellule antiblanchiment du ministère des Finances (Tracfin) sur un compte bancaire caché à l'étranger.

Les enquêteurs ont perquisitionné mercredi des bureaux de M. Le Pen à Saint-Cloud, ses domiciles ancien et actuel à Rueil-Malmaison et La Celle-Saint-Cloud, deux communes cossues à l'ouest de Paris, ainsi que le domicile de son assistant personnel, Gérald Gérin.

Jean-Marie Le Pen était absent. "Tout ceci était fait pour salir un homme politique de premier plan", a dénoncé son avocat, Me Frédéric Joachim.

Fin avril, un site d'investigation en ligne, Mediapart, avait révélé le signalement de Tracfin évoquant un trust géré à Genève, dont l'ayant droit serait l'assistant personnel de Jean-Marie Le Pen.

Selon ce signalement, le fonds comprendrait un compte abondé à hauteur de 2,2 millions d'euros, dont 1,7 sous forme de lingots et de pièces d'or.

Comme il l'avait fait au printemps, Jean-Marie Le Pen a de nouveau "démenti" mercredi avoir "transgressé la loi".

"Je suis indigné de cette violence judiciaire injustifiée", a-t-il ajouté en se disant "l'objet de l'attention minutieuse, voire inquisitoriale, des agents du fisc depuis des dizaines d'années".

Dans son signalement, Tracfin mentionne l'existence d'un trust basé aux Iles vierges britanniques et géré à Genève pour le compte de l'assistant personnel de Jean-Marie Le Pen, selon une source proche du dossier interrogée par l'AFP.

Selon cette source, le compte aurait été clôturé en 2014 et les fonds transférés dans une banque aux Bahamas.

Un autre signalement, émanant d'une commission officielle spécialisée pour la transparence financière de la vie politique, portait sur la déclaration de patrimoine de 2014 de Jean-Marie Le Pen et était aussi lié aux soupçons sur ce compte.

M. Le Pen avait admis en 2013 avoir détenu un compte en Suisse ouvert à l'UBS en 1981, une affaire déjà évoquée par le passé. Il avait alors parlé d'une opération d'emprunt pour sa société de disques de l'époque, la Serp.

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