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04/11/2015 13:15 EST | Actualisé 04/11/2016 01:12 EDT

Colombie: appel des Farc au "sens commun" pour faire avancer la paix

La guérilla colombienne des Farc a demandé mercredi au gouvernement de faire preuve de "sens commun" pour faire avancer les négociations de paix de Cuba, qui selon la rébellion rencontrent des "difficultés" susceptibles de mener à "un échec".

"Du sens commun s'il vous plaît, du sens commun (...) Nous avons besoin d'apaiser les esprits échauffés, afin d'avancer sereinement" sur le chemin de la paix, a exhorté le numéro deux des Farc Ivan Marquez en marge des pourparlers menés depuis fin 2012 à La Havane.

Selon le négociateur en chef de la plus importante guérilla du pays, les discussions rencontrent "une série de difficultés qui doivent être résolues au plus vite".

Depuis plusieurs semaines, les parties ne parviennent notamment pas à régler un différend autour de l'accord crucial sur le sort judiciaire des combattants, signé le 23 septembre dernier en présence du président colombien Juan Manuel Santos et du numéro un des Farc Timoleon Jimenez.

La guérilla accuse les négociateurs du gouvernement de vouloir revenir sur cet accord, alors que Bogota affirme que certains points restaient à définir.

Un autre pomme de discorde réside dans le mode de ratification d'un éventuel accord de paix final.

Le gouvernement souhaite le voir validé par référendum. Mais la guérilla privilégie l'option d'une ratification par une assemblée constituante, craignant la portée de la réforme constitutionnelle proposée par la présidence pour encadrer un éventuel référendum et l'application des accords.

Sur cette question, l'obstination du gouvernement à vouloir imposer son choix "garantit l'échec" des pourparlers, a insisté Ivan Marquez.

Le 23 septembre dernier, Farc et gouvernement s'étaient mis d'accord pour parapher un accord de paix dans les six mois, mais la guérilla a prévenu mardi que ce délai pourrait être repoussé du fait de ces désaccords.

Les Farc, plus ancienne guérilla de Colombie issue en 1964 d'une insurrection paysanne, comptent encore environ 7.000 combattants, selon les autorités.

Elles observent un cessez-le-feu unilatéral depuis le 20 juillet dernier en attendant une trêve bilatérale promise par M. Santos d'ici la fin de l'année.

Depuis plus d'un demi-siècle, le conflit colombien complexe a impliqué insurrections paysannes, guérillas d'extrême gauche, paramilitaires d'extrême droite, forces armées et narcotrafiquants, faisant au moins 220.000 morts, six millions de déplacés et des dizaines de milliers de disparus.

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